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1ʳᵉ · Français · Discours de la servitude volontaire

La servitude est-elle, dans le Discours de la servitude volontaire, un malheur ou une faute ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur l'œuvre d’Étienne de La Boétie, sur le parcours associé « Défendre » et « entretenir » la liberté et sur vos lectures personnelles.

Sujet de dissertation — Discours de la servitude volontaire, 1ère

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Analyse des termes

Un malheur est subi et appelle la compassion, une faute est commise et appelle le blâme ; l’oxymore du titre, servitude volontaire, tient les deux ensemble. Le sujet oblige à examiner si l'œuvre condamne des coupables ou diagnostique une maladie.

Problématique

La servitude relève-t-elle du registre de la pitié ou de celui de l’accusation, ou faut-il, avec La Boétie, l’envisager comme une altération de la nature humaine ?

Le plan en trois parties

I

Un malheur : le Discours donne d’abord à voir une souffrance

  1. Le tableau de la multitude au joug appelle la compassion avant le jugement : c’est une misère que le texte fait regarder.« voir un million de millions d’hommes servir misérablement, ayant le col sous le joug » (premier mouvement)
  2. La dépossession décrite est totale, et présentée comme subie : les sujets n’ont plus rien qu’ils puissent dire à eux.« non pas obéir, mais servir ; non pas être gouvernés, mais tyrannisés » (premier mouvement)
  3. Les vers sur les bœufs et les oiseaux traduisent la servitude en plainte : c’est le langage du malheur, non celui du procès.« Même les bœufs sous le poids du joug geignent, / Et les oiseaux dans la cage se plaignent » (deuxième mouvement)
TransitionCette compassion se retourne pourtant dès que La Boétie nomme l’agent de la misère, et cet agent est le misérable lui-même.
II

Une faute, pourtant, que l'œuvre nomme sans ménagement

  1. Le peuple est désigné comme l’agent de son propre malheur, ce qui transforme la victime en responsable.« c’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge » (premier mouvement)
  2. Le vocabulaire pénal de la complicité et de la trahison dit une faute au sens strict, avec ses degrés et ses circonstances.« recéleurs du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue » (premier mouvement)
  3. Nommer la servitude un monstre de vice, c’est la classer parmi les défauts moraux, et même au-dessous de la lâcheté.« quel monstre de vice est ceci qui ne mérite pas encore le titre de couardise » (premier mouvement)
TransitionAccuser ne suffit cependant pas, car une faute que des millions d’hommes commettent depuis toujours demande une autre explication.
III

Ni l’un ni l’autre : une dénaturation, qui se soigne

  1. Le mot de malencontre désigne un accident survenu à l’espèce, donc un fait pathologique plutôt qu’un crime.« quel malencontre a été cela qui a pu tant dénaturer l’homme » (deuxième mouvement)
  2. L’absence de désir de liberté est un symptôme, non une intention mauvaise : on ne peut faire grief à quelqu’un de ne plus rien vouloir.« la seule liberté, les hommes ne la désirent point » (premier mouvement)
  3. Le sujet accoutumé croit avoir gagné : cette inversion des valeurs relève d’un dérèglement du jugement, qu’une éducation peut corriger.le sujet « a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude » (deuxième mouvement)
Ouverture

Un mal collectif se corrige-t-il mieux en désignant des coupables ou en décrivant l’habitude qui l’a rendu invisible à ceux qui le subissent ?

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