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1ʳᵉ · Français · Discours de la servitude volontaire

La nature est-elle, dans le Discours de la servitude volontaire, le meilleur argument de La Boétie contre la tyrannie ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur l'œuvre d’Étienne de La Boétie, sur le parcours associé et sur vos lectures personnelles.

Sujet de dissertation — Discours de la servitude volontaire, 1ère

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Analyse des termes

La nature désigne ici à la fois l’ordre voulu par le créateur et la disposition native de l’homme ; un argument est meilleur qu’un autre s’il emporte l’adhésion et résiste aux objections. Le sujet demande donc de hiérarchiser les preuves du Discours, non de les énumérer.

Problématique

L’appel à la nature, s’il fonde le droit de tous à la liberté, ne s’expose-t-il pas à l’objection même que l'œuvre lui adresse, à savoir que l’homme a pu s’en détacher ?

Le plan en trois parties

I

L’argument naturel est le socle du Discours

  1. L’égalité de forme prouve une destination commune : si la nature nous a faits semblables, elle ne nous a pas destinés à l’inégalité politique.la nature « nous a tous faits de même forme, et, comme il semble, à même moule » (deuxième mouvement)
  2. La clausule pousse l’argument jusqu’à la fusion : la nature veut moins une alliance de semblables qu’une seule humanité.« elle ne voulait pas tant nous faire tous unis que tous uns » (deuxième mouvement)
  3. Les vers insérés donnent à cet ordre naturel une preuve sensible : la plainte du vivant entravé est immédiatement reconnaissable.« Même les bœufs sous le poids du joug geignent, / Et les oiseaux dans la cage se plaignent » (deuxième mouvement)
TransitionCet argument, si évident qu’il paraisse, se heurte au fait massif que l'œuvre entreprend d’expliquer, l’universalité de la servitude.
II

Mais c’est aussi le plus fragile, car les faits le démentent

  1. Faire parler les bêtes est une fiction rhétorique, et l’adversaire peut refuser d’y voir une preuve du droit naturel.les bêtes « crient : Vive liberté ! » (deuxième mouvement)
  2. L’aveu d’un malencontre reconnaît que la nature a été vaincue une fois, ce qui affaiblit l’argument au moment où il triomphe.« quel malencontre a été cela qui a pu tant dénaturer l’homme » (deuxième mouvement)
  3. Le constat que les hommes ne désirent pas la liberté contredit frontalement l’idée d’un penchant naturel irrésistible.« la seule liberté, les hommes ne la désirent point » (premier mouvement)
TransitionPuisque la nature ne suffit pas à garantir ce qu’elle fonde, il faut des relais humains, et le Discours les nomme précisément.
III

L’histoire et l’éducation prennent donc le relais de la nature

  1. Les guerres médiques fournissent une preuve de fait là où la nature ne fournissait qu’un droit : des hommes ont réellement vaincu la domination.« la victoire de la liberté sur la domination » (premier mouvement)
  2. Venise montre que la liberté tient par des institutions et une éducation, c’est-à-dire par une seconde nature substituée à la coutume servile.les Vénitiens, « ainsi nés et nourris » dans la liberté (deuxième mouvement)
  3. Le savoir répare ce que la nature seule ne garantit plus : les livres rendent aux hommes le jugement que l’habitude leur a ôté.« les livres et la doctrine donnent, plus que toute autre chose, aux hommes le sens […] » (deuxième mouvement)
Ouverture

Invoquer la nature pour fonder un droit politique, est-ce lui donner un socle inébranlable ou lui ôter la charge de se justifier devant les hommes ?

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