Défendre suppose une agression extérieure et un moment de crise, entretenir suppose une durée, un soin quotidien et des institutions. Le sujet demande si l'œuvre distingue deux tâches successives ou si elle montre qu’elles reposent sur une seule et même disposition.
La liberté se perd-elle faute d’être défendue les armes à la main, ou faute d’être entretenue par des mœurs et une éducation qui la rendent désirable ?
Le plan en trois parties
Défendre : la liberté se conquiert et se garde par les armes
- Les guerres médiques sont relues comme un affrontement de principes, ce qui fait de la bataille le lieu où la liberté se prouve.« la victoire de la liberté sur la domination », à propos des guerres médiques (premier mouvement)
- La réponse spartiate au satrape montre des hommes prêts à mourir parce qu’ils savent ce qu’ils défendent, et non par simple bravoure.Sperthias et Boulis à Indarne : « de la liberté, quel goût elle a, combien elle est douce, tu n’en sais rien » (deuxième mouvement)
- L'œuvre pousse pourtant la défense jusqu’à sa forme minimale, la résolution intérieure, qui ne demande aucune arme.« Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » (clausule du premier mouvement)
Entretenir : la liberté se cultive par les mœurs, l’éducation et l’amitié
- Venise offre le contre-modèle d’une liberté entretenue par l’éducation civique, où l’ambition elle-même est retournée au profit du bien commun.les Vénitiens, « ainsi nés et nourris » dans la liberté (deuxième mouvement)
- La méfiance du Grand Turc envers les savants prouve a contrario que le savoir est l’entretien le plus efficace de la liberté.« les livres et la doctrine donnent, plus que toute autre chose, aux hommes le sens […] » (deuxième mouvement)
- L’amitié, impossible sous la tyrannie, apparaît comme le lien qui seul permet d’entretenir ensemble ce que personne ne garde seul.« Il n’y peut avoir d’amitié là où est la cruauté, là où est la déloyauté, là où est l’injustice » (troisième mouvement)
Un seul combat, parce que les deux gestes ont le même fondement naturel
- L’argument du même moule fonde à la fois le droit de se défendre et le devoir de se reconnaître frères : la nature commande les deux gestes.la nature « nous a tous faits de même forme, et, comme il semble, à même moule » (deuxième mouvement)
- La prosopopée des bêtes montre que la défense de la liberté est un réflexe vital, antérieur à toute institution qui l’entretiendrait.les bêtes « crient : Vive liberté ! » (deuxième mouvement, la prosopopée)
- La question du malencontre unifie les deux verbes : si la liberté a été perdue par dénaturation, la reconquérir et la cultiver sont un seul travail.« quel malencontre a été cela qui a pu tant dénaturer l’homme » (deuxième mouvement)
Une société qui n’a plus à défendre sa liberté par les armes court-elle le risque d’oublier par quoi elle l’entretient ?