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1ʳᵉ · Français · Entretiens sur la pluralité des mondes

Les Entretiens sur la pluralité des mondes ont-ils pour fin d’instruire ou de plaire ?

Sujet de dissertation — Entretiens sur la pluralité des mondes, 1ère

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Analyse des termes

« Instruire » suppose un contenu transmissible, ici le système de Copernic et de Descartes ; « plaire » désigne le pacte mondain que l’œuvre passe avec son lecteur, jardin, nuit, galanterie et conversation. La tension tient à ce que Fontenelle ne présente jamais le plaisir comme un enrobage détachable du savoir, mais comme la forme même que prend chez lui l’enseignement.

Problématique

Le plaisir des Entretiens est-il le moyen d’une instruction, ou l’instruction y est-elle le prétexte d’un plaisir ?

Le plan en trois parties

I

Une œuvre qui annonce d’abord un divertissement

  1. La lettre dédicatoire installe le pacte mondain en jouant de la déception : on promet à un homme du monde des fêtes, on lui donne des tourbillons, mais sur le ton du divertissement de société.« vous aurez des planètes, des mondes, des tourbillons », lettre dédicatoire « À Monsieur L… »
  2. La comparaison de la nature avec l’opéra fait du ciel un spectacle avant d’en faire un problème : le lecteur est placé en spectateur agréablement étonné, non en élève.« la nature est un grand spectacle qui ressemble à celui de l’opéra », Premier soir
  3. L’étalon de lecture proposé aux Dames est un roman, non un traité : Fontenelle mesure l’effort demandé à celui d’une fiction galante déjà familière.« la même application qu’il faut donner à la Princesse de Cleves », Préface
TransitionLe divertissement affiché ne doit pas masquer que le contenu transmis est exact et cumulatif, soir après soir.
II

Mais l’œuvre transmet un savoir réel et vérifiable

  1. La Préface revendique un projet d’exposition rigoureux : la manière est non philosophique, la matière reste la philosophie, et Fontenelle refuse d’altérer le contenu qu’il allège.« J’ai voulu traiter la Philosophie d’une manière qui ne fût point philosophique », Préface
  2. La définition inaugurale de la philosophie énonce une épistémologie complète : curiosité et faiblesse des sens fondent ensemble la démarche scientifique, ce qui est une leçon de méthode, non un mot d’esprit.« l’esprit curieux et les yeux mauvais », Premier soir
  3. Le résultat est mesurable dans le personnage : au terme du cinquième soir, la Marquise possède effectivement le système du monde, preuve que l’instruction a eu lieu.« j’ai dans la tête tout le système de l’univers ! Je suis savante ! », fin du Cinquième soir
TransitionPuisque le savoir passe réellement, il faut renoncer à séparer le plaisir du contenu et admettre qu’il en est le véhicule nécessaire.
III

Le plaisir est chez Fontenelle la forme même de l’instruction

  1. La fiction de l’élève ignorante n’est pas un ornement : elle règle le rythme, autorise les objections et donne au lecteur une place dans le texte.« une femme que l’on instruit, et qui n’a jamais ouï parler de ces choses-là », Préface
  2. Fontenelle pose que la vérité n’a pas besoin de tout son appareil de preuves pour emporter l’adhésion : la persuasion douce est une thèse sur la connaissance, pas une facilité.« Il n’y a que la vérité qui persuade », fin du Second soir
  3. La chute sur les abeilles montre le procédé à l’œuvre : le plaisir de la devinette différée fait que l’idée de mondes minuscules s’installe d’elle-même dans l’esprit.« mes Arabes ne sont que des abeilles », fin du Troisième soir
Ouverture

Une science qui renoncerait à plaire se condamnerait-elle à n’être lue que par ceux qui la savent déjà ?

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