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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

Peut-on dire que Le Menteur est une comédie de la vraisemblance ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

La vraisemblance est la règle majeure du théâtre classique : ce qui est représenté doit paraître croyable. Or la pièce met en scène des récits faux mais crus, ce qui fait de la vraisemblance à la fois sa règle et son sujet.

Problématique

Le Menteur applique-t-il la règle de vraisemblance, ou en fait-il l’objet même de sa réflexion comique ?

Le plan en trois parties

I

Des mensonges construits selon les lois de la vraisemblance

  1. Dorante date ses récits, les situe et se corrige : il applique au faux les procédés du vrai.« Ce fut, s’il m’en souvient, le second de septembre », II, 5, v. 618
  2. L’accident du pistolet introduit l’imprévu, qui est la marque du récit véridique : le hasard fait croire.« Avec mon pistolet le cordon s’embarrasse », II, 5, v. 642
  3. Sa théorie du mensonge est une poétique de la vraisemblance : mentir « à propos », c’est ajuster la fable à la circonstance.« À mentir à propos, jurer de bonne grâce », I, 6, v. 334
TransitionLa règle est si bien appliquée qu’on ne voit sa présence que lorsqu’elle est franchie.
II

Mais l’invraisemblable finit toujours par se dénoncer

  1. Les dix langues débordent la mesure et font basculer le récit dans l’énormité : la vraisemblance est une frontière que l’ivresse fait franchir.« J’ai dix langues, Cliton, à mon commandement », IV, 3, v. 1200
  2. La grossesse annoncée est vérifiable : le mensonge quitte le domaine du récit pour celui des faits, où il ne tient plus.« Elle est grosse », IV, 4, v. 1226-1227
  3. Géronte oppose au fils la seule chose qui ne se raconte pas, la naissance, et le démasque par là.« Il ment quand il le dit, et ne le fut jamais », V, 3, v. 1520
TransitionSi l’on croit malgré l’invraisemblance, c’est que croire ne dépend pas seulement du récit.
III

La vraisemblance comme sujet : croire est une affaire sociale

  1. Cliton décrit d’emblée Paris comme un lieu où l’apparence tient lieu de preuve : la vraisemblance y est une monnaie.« Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés », I, 1, v. 72
  2. Clarice généralise la leçon aux visages eux-mêmes : le vraisemblable trompe parce que l’apparence est faite pour plaire.« Les visages souvent sont de doux imposteurs », II, 2, v. 408
  3. La liste des facultés du menteur montre que la vraisemblance n’est pas dans les faits mais dans la performance de celui qui parle.« Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins », III, 4, v. 935
Ouverture

Corneille théorisera la vraisemblance dans ses Discours de 1660 : Le Menteur en offre-t-il déjà la démonstration par le rire ?

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