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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

Le rire du Menteur est-il un rire de complicité ou un rire de condamnation ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

Rire avec quelqu’un suppose un pacte ; rire de quelqu’un suppose une distance et un jugement. Corneille joue des deux régimes et les fait alterner d’une scène à l’autre.

Problématique

La comédie nous fait-elle les complices du menteur, ses juges, ou l’un par l’autre ?

Le plan en trois parties

I

Un rire de complicité

  1. Le spectateur est mis dans le secret dès la première scène et partage avec Cliton le savoir que les autres n’ont pas.« J’enrage de me taire et d’entendre mentir ! », I, 5, v. 260
  2. Le vœu de Cliton avoue le plaisir de la salle : on attend le mensonge comme un numéro.« Si comme vous Lucrèce excellait à mentir », III, 4, v. 928
  3. La question rituelle du valet fait du mensonge un rendez-vous convenu entre la scène et le parterre.« De grâce, dites-moi si vous allez mentir », III, 5, v. 1004
TransitionLa complicité se fissure dès que la victime prend la parole seule, sans témoin complaisant.
II

Un rire qui condamne

  1. Le monologue de Géronte rompt la complicité : on ne rit plus du même côté lorsque le père parle seul.« Ô vieillesse facile ! ô jeunesse impudente ! », V, 2, v. 1489
  2. Isabelle formule le grief qui empêche l’indulgence : mentir sans nécessité relève du goût de la fourbe.« Que de prendre plaisir à fourber sans dessein », III, 3, v. 908
  3. Clarice fait du talent même un chef d’accusation, et sa réplique interdit de confondre esprit et honnêteté.« Que l’adresse d’esprit fût un crime en amour », V, 3, v. 1572
TransitionPlutôt que de choisir, Corneille superpose les deux rires et confie à Cliton le soin de les faire tenir ensemble.
III

Un rire double, qui juge sans rompre le pacte

  1. Le vocabulaire de Cliton tient les deux bouts : « rêveries » pour le maître, « menteries » pour le vrai nom, et le rire naît de l’écart.« J’appelle rêveries / Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menteries », I, 6, v. 313-314
  2. La maxime sur les menteurs qui disent vrai empêche le jugement d’être simple et relance la complicité.« Les menteurs les plus grands disent vrai quelquefois », IV, 7, v. 1336
  3. L’adresse finale au public assume ce double régime : la pièce dénonce et recommande dans le même mouvement.« Comme en sa propre fourbe un menteur s’embarrasse ! », V, 7, v. 1801
Ouverture

Le rire de Molière devant Arnolphe posera la même question : peut-on condamner un personnage dont on a partagé le point de vue ?

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