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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

Le Menteur est-il une comédie de caractère ou une comédie d’intrigue ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

La comédie de caractère peint un type et en déduit des scènes ; la comédie d’intrigue enchaîne des péripéties et des quiproquos. Dans Le Menteur, le caractère de Dorante est précisément ce qui produit les péripéties.

Problématique

L’intrigue du Menteur découle-t-elle d’un caractère, ou le caractère n’est-il qu’un prétexte à une mécanique de quiproquos ?

Le plan en trois parties

I

Une comédie de caractère : le portrait d’un homme qui ment

  1. Le premier vers pose un homme en mue, passé de la robe à l’épée : le caractère est défini par le goût du changement d’apparence.« À la fin j’ai quitté la robe pour l’épée », I, 1, v. 1
  2. Dorante expose sa méthode comme un moraliste décrirait une humeur : la pièce lui donne le temps de se peindre.« Tout le secret ne gît qu’en un peu de grimace », I, 6, v. 333
  3. Son exclamation de satisfaction après un mensonge réussi manifeste une disposition durable, non une réaction de circonstance.« Oh ! l’utile secret que mentir à propos ! », II, 6, v. 691
TransitionLe portrait resterait statique si la pièce n’en tirait aussitôt une machine à quiproquos.
II

Une comédie d’intrigue : une mécanique de quiproquos

  1. L’enrôlement de Cliton comme confident organise la circulation de l’information, ressort technique de tous les quiproquos.« Et de tous mes secrets le grand dépositaire », II, 6, v. 702
  2. Le faux mariage crée un obstacle artificiel que l’action devra lever : c’est un nœud d’intrigue, pas un trait de caractère.« Je me fais marié pour toute autre que vous », III, 5, v. 1020
  3. La grossesse inventée relance l’action au moment où elle pourrait se dénouer, selon la loi de la péripétie.« Elle est grosse », IV, 4, v. 1226-1227
TransitionLa machine n’est pas plaquée, elle est déduite d’un caractère, ce qui distingue Corneille de la farce d’intrigue.
III

Le caractère produit l’intrigue : c’est la réussite de Corneille

  1. Les facultés que Dorante s’attribue sont exactement celles qu’exige la mécanique dramatique : improviser, enchaîner, ne pas se brouiller.« Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins », III, 4, v. 935
  2. Le dénouement ne résout pas une machine mais un caractère : il faudra que Dorante devienne croyable.« Quand elle vous croira », V, 5, v. 1664
  3. La mémoire défaillante est à la fois un trait du personnage et le mécanisme qui fait tomber l’édifice.« Il faut bonne mémoire après qu’on a menti », IV, 5, v. 1260
Ouverture

Corneille adapte ici une comédie espagnole, La Verdad sospechosa : que gagne une intrigue à être transportée dans un Paris précisément décrit ?

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