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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

Dans quelle mesure le mensonge est-il, dans la pièce, une école de la fiction théâtrale ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

Le menteur invente, met en scène et joue devant un public : ses opérations recoupent celles du dramaturge et du comédien. Le sujet demande jusqu’où cette analogie tient, et où elle se rompt.

Problématique

Le mensonge de Dorante est-il une image du théâtre lui-même, ou la pièce marque-t-elle ce qui les sépare ?

Le plan en trois parties

I

Le menteur est un auteur

  1. Cliton désigne la parenté générique : les mensonges de Dorante relèvent de l’invention romanesque.« Vous seriez un grand maître à faire des romans », I, 6, v. 356
  2. Le festin sur l’eau est un spectacle complet, avec musique et décor : le menteur compose un divertissement de cour.« Les quatre contenaient quatre chœurs de musique », I, 5, v. 265
  3. La date ajoutée et rectifiée relève de l’effet de réel : le menteur travaille la vraisemblance comme un auteur.« Ce fut, s’il m’en souvient, le second de septembre », II, 5, v. 618
TransitionL’auteur ne suffit pas, il faut un corps qui donne créance, et Dorante fournit les deux.
II

Il est aussi comédien et metteur en scène

  1. Sa poétique fait la part du jeu corporel autant que du texte : la « grimace » est un art d’acteur.« Tout le secret ne gît qu’en un peu de grimace », I, 6, v. 333
  2. Il se compose un rôle de guerrier avec ses effets de terreur, comme un acteur se donne un emploi.« Je m’y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre », I, 3, v. 162
  3. Les dix langues sont un accessoire de rôle : ce qu’il faut pour tenir le personnage du savant universel.« J’ai dix langues, Cliton, à mon commandement », IV, 3, v. 1200
TransitionLe partage se fait sur le consentement du public, seul ce qui sépare la fiction du mensonge.
III

Mais un théâtre sans public averti, et c’est là que tout diffère

  1. Cliton est le seul spectateur conscient, et sa rage vient de ce que les autres prennent la fiction pour la vie.« J’enrage de me taire et d’entendre mentir ! », I, 5, v. 260
  2. Son vœu que Lucrèce mente aussi bien révèle qu’il voudrait un vrai théâtre, où deux acteurs se répondraient.« Si comme vous Lucrèce excellait à mentir », III, 4, v. 928
  3. L’adresse finale au parterre rétablit le pacte que le mensonge violait : le théâtre, lui, prévient qu’il feint.Épilogue de Cliton resté seul, V, 7, v. 1801-1804
Ouverture

L’Illusion comique, écrite par Corneille sept ans plus tôt, célébrait déjà le pouvoir du théâtre : Le Menteur en donne-t-il la version inquiète ?

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