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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

Faut-il voir dans Le Menteur une comédie morale ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

Une comédie morale énonce des leçons et sanctionne les fautes ; celle-ci multiplie les maximes mais épargne son coupable. Le sujet demande de confronter le discours de la pièce à son économie dramatique.

Problématique

Les maximes du Menteur suffisent-elles à en faire une comédie morale, ou la pièce déplace-t-elle sa valeur du côté de l’art ?

Le plan en trois parties

I

Une pièce riche en leçons explicites

  1. La sentence de Cliton sur le crédit perdu fonctionne comme une maxime de moraliste insérée dans l’action.« Quand un menteur la dit, / En passant par sa bouche, elle perd son crédit », III, 6, v. 1079-1080
  2. Isabelle énonce le grief central : aimer la fourbe pour elle-même est un dérèglement, non une habileté.« Que de prendre plaisir à fourber sans dessein », III, 3, v. 908
  3. Philiste distingue nature et coutume, distinction proprement morale qui permet de juger sans condamner l’homme entier.« Est vaillant par nature et menteur par coutume », III, 2, v. 818
TransitionLes maximes abondent, mais aucune ne se traduit par une sanction dans l’action.
II

Mais une pièce qui ne conclut pas moralement

  1. Dorante maintient jusqu’au bout que l’esprit n’est pas un crime, et la pièce ne le réfute pas frontalement.« Que l’adresse d’esprit fût un crime en amour », V, 3, v. 1572
  2. La maxime sur les menteurs qui disent vrai rend tout verdict provisoire.« Les menteurs les plus grands disent vrai quelquefois », IV, 7, v. 1336
  3. Le dénouement offre au menteur le mariage qu’il désirait, à une condition qui reste une promesse.« Quand elle vous croira », V, 5, v. 1664
TransitionSi la pièce ne juge pas moralement, c’est qu’elle juge autrement, selon la réussite de l’invention.
III

Une pièce dont la morale est esthétique

  1. Ce que la pièce admire, ce sont des facultés d’artiste, énumérées par le menteur lui-même.« Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins », III, 4, v. 935
  2. Le comble final est un effet d’art plus qu’une sanction : la pièce préfère le paradoxe au châtiment.« Quoi ? même en disant vrai, vous mentiez en effet ! », V, 4, v. 1628
  3. L’image du loup tenu par les oreilles résume l’équilibre choisi : on ne lâche ni ne condamne.« Elle tient, comme on dit, le loup par les oreilles », IV, 7, v. 1330
Ouverture

La Rochefoucauld fera de la maxime un genre autonome : que devient une morale lorsqu’elle n’est plus adossée à une sanction ?

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