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1ʳᵉ · Français · Le Menteur, Corneille

En quoi le personnage de Cliton est-il indispensable à la comédie du mensonge ?

Sujet de dissertation — Le Menteur, Corneille, 1ère

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Analyse des termes

Cliton n’invente rien et ne fait pas avancer l’intrigue par ses actes : sa fonction est d’entendre, de réagir et de commenter. Le sujet demande de montrer que cette fonction n’est pas accessoire mais constitutive du comique.

Problématique

Le valet est-il un simple faire-valoir du menteur, ou la condition sans laquelle le mensonge ne serait pas comique ?

Le plan en trois parties

I

Cliton est le témoin qui rend le mensonge visible

  1. Son exaspération fait entendre l’écart entre ce qui se dit et ce qui est : sans lui, le spectateur ne saurait pas qu’il assiste à un mensonge.« J’enrage de me taire et d’entendre mentir ! », I, 5, v. 260
  2. Il nomme les choses en deux langues, celle du maître et celle du valet, et ce doublage est le mécanisme comique de la pièce.« J’appelle rêveries / Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menteries », I, 6, v. 313-314
  3. Sa demande rituelle avant chaque scène installe une attente : la comédie annonce ses numéros et le public en jouit d’avance.« De grâce, dites-moi si vous allez mentir », III, 5, v. 1004
TransitionLe témoin ne se contente pas de voir, il formule, et ses formules deviennent les maximes de la pièce.
II

Il est le juge qui formule la loi du mensonge

  1. C’est lui qui énonce la sentence centrale de la pièce sur le crédit perdu de la vérité : le valet pense ce que le maître pratique.« En passant par sa bouche, elle perd son crédit », III, 6, v. 1080
  2. Il rappelle la contrainte technique du mensonge, la mémoire, et transforme l’exploit en travail.« Il faut bonne mémoire après qu’on a menti », IV, 5, v. 1260
  3. Sa maxime sur les menteurs qui disent vrai par accident donne à la pièce sa logique paradoxale.« Les menteurs les plus grands disent vrai quelquefois », IV, 7, v. 1336
TransitionCes maximes s’adressent moins à Dorante qu’à la salle, dont Cliton occupe la place sur le plateau.
III

Il est le relais du spectateur et le maître de cérémonie

  1. Son souhait que Lucrèce mente aussi bien que son maître désigne le spectacle que le public attend et avoue le plaisir qu’il y prend.« Si comme vous Lucrèce excellait à mentir », III, 4, v. 928
  2. Sa stupeur finale, lorsque le vrai passe encore pour faux, est exactement la position où la pièce a mis le spectateur.« Quoi ? même en disant vrai, vous mentiez en effet ! », V, 4, v. 1628
  3. Il reste seul en scène pour fermer la pièce et s’adresser au parterre : le valet a le dernier mot parce qu’il a eu le regard.Épilogue de Cliton resté seul, V, 7, v. 1801-1804
Ouverture

De Sganarelle à Figaro, le valet lucide devient le centre de la comédie : Corneille invente-t-il ici ce déplacement ?

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