« Face à » invite à étudier les réponses des États à un défi qui est une menace autant qu'une opportunité. Les bornes vont de 1945 à nos jours : la lecture chronologique s'impose, de la guerre froide au cyberespace.
Comment les États, qui ont fait de la connaissance un attribut de leur puissance pendant la guerre froide, s'efforcent-ils d'en garder la maîtrise alors qu'elle se mondialise ?
Le plan en trois parties
1945-1991 : l'État organise la connaissance stratégique
- Des services de renseignement permanents.CIA (1947), NSA (1952), KGB (1954), photos U-2 de Cuba (1962).
- Une course scientifique financée par l'État.Spoutnik (1957), ARPA et National Defense Education Act (1958) ; IIT indiens (1951-1961).
Années 1970-2000 : une connaissance qui échappe en partie aux États
- Contrôle démocratique et fin de la guerre froide.Commission Church (1975-1976) ; dissolution du KGB (1991).
- Circulation des cerveaux et essor privé d'Internet.Libéralisation indienne (1991), visa H-1B (1990) ; Web (1989-1991), ICANN (1998).
Depuis les années 2000 : le retour de l'État stratège
- Un cyberespace conflictuel.Estonie (2007), Stuxnet (2010), Snowden (2013).
- Souveraineté et coopérations fragiles.ANSSI (2009), COMCYBER (2017) ; Budapest (2001), Appel de Paris (2018).
La course à l'intelligence artificielle pose la même question dans des termes nouveaux : peut-on être souverain sans maîtriser les outils qui produisent la connaissance ?