À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Méthode de la dissertation en HGGSP » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'épreuve de spécialité et les attentes du correcteur, Lire et analyser le sujet : définir, borner, reformuler, Mobiliser ses connaissances : acteurs, échelles, exemples datés, Problématiser : trouver la tension du sujet. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les océans, espaces de conquête et de rivalités depuis 1945
Analyse des termes — Brouillon : « océans » englobe mers et océans, de la surface aux grands fonds ; « conquête » ne signifie pas invasion mais appropriation juridique, exploitation des ressources et contrôle militaire ; « rivalités » exige des acteurs qui s'opposent, nommés et localisés. La borne de 1945 correspond à la proclamation Truman sur le plateau continental (28 septembre 1945), qui lance la course à l'appropriation ; le sujet va jusqu'au traité sur la haute mer adopté en 2023. Tension repérée : un espace longtemps défini par la liberté de circulation (Grotius, Mare liberum, 1609) devient un espace découpé et disputé.
Problématique — Comment les océans, longtemps espaces de libre circulation, sont-ils devenus depuis 1945 des espaces appropriés et disputés, que le droit international ne parvient qu'en partie à pacifier ?
Introduction rédigéeLe 28 septembre 1945, le président américain Harry Truman proclame que les ressources du sous-sol et du fond de la mer du plateau continental bordant les côtes des États-Unis relèvent de leur juridiction. Ce texte rompt avec le principe de la liberté des mers, défendu depuis le Mare liberum de Grotius (1609), et ouvre une course à l'appropriation des espaces maritimes. Les océans désignent ici l'ensemble des mers et océans, de la surface aux grands fonds, qui couvrent environ 71 % de la planète. Les conquérir, c'est les explorer, les exploiter, les contrôler militairement et surtout les soumettre à la souveraineté des États. Depuis 1945, cette conquête met aux prises des États côtiers, des puissances navales, des organisations internationales comme l'ONU et des entreprises, de l'échelle d'un archipel disputé à celle du commerce mondial. Dès lors, comment les océans, longtemps espaces de libre circulation, sont-ils devenus des espaces appropriés et disputés, que le droit international ne parvient qu'en partie à pacifier ? Nous verrons d'abord que les États ont territorialisé les océans jusqu'à l'entrée en vigueur de la convention de Montego Bay en 1994, puis que ces espaces sont devenus des lieux de rivalités de puissance, enfin que leur gestion commune demeure un chantier inachevé.
I. De la liberté des mers à la territorialisation des océans (1945-1994)
- Les États côtiers revendiquent les ressources au large de leurs côtes.Proclamation Truman du 28 septembre 1945 sur le plateau continental ; le Chili et le Pérou revendiquent 200 milles marins dès 1947.
- La pêche devient un enjeu de souveraineté, jusqu'au conflit ouvert entre alliés.« Guerres de la morue » entre l'Islande et le Royaume-Uni (1958-1976), qui s'achèvent par la reconnaissance de la zone islandaise de 200 milles.
- Le droit international consacre le découpage des mers.Convention de Montego Bay, signée le 10 décembre 1982, en vigueur en 1994 : mer territoriale de 12 milles, zone économique exclusive de 200 milles, grands fonds de la « Zone » déclarés patrimoine commun de l'humanité.
II. Des espaces de puissance où s'affrontent les États
- Contrôler les routes maritimes et les détroits, c'est contrôler le commerce mondial.Environ 80 % du commerce mondial en volume passe par la mer (ordre de grandeur de la CNUCED) ; piraterie au large de la Somalie et opération européenne Atalante (décembre 2008).
- Les revendications territoriales ravivent les conflits entre voisins.Mer de Chine méridionale : îles artificielles chinoises dans les Spratleys depuis les années 2010 ; sentence arbitrale du 12 juillet 2016 en faveur des Philippines, rejetée par Pékin. Guerre des Malouines (avril-juin 1982).
- La puissance navale redevient un attribut majeur de la puissance.Onze porte-avions américains en service ; mise en service du Liaoning chinois en 2012 ; la France dispose, grâce à ses outre-mer, de l'une des deux plus vastes ZEE du monde (environ 10 millions de km²).
III. Des océans à gouverner en commun : un chantier inachevé
- Des institutions internationales encadrent l'exploitation des grands fonds.Autorité internationale des fonds marins, installée à Kingston (Jamaïque) en 1994, qui délivre des permis d'exploration des nodules polymétalliques ; débat sur un moratoire de l'exploitation minière.
- Le réchauffement ouvre de nouveaux fronts de rivalité.Arctique : la Russie plante son drapeau au fond de l'océan sous le pôle Nord le 2 août 2007 ; le Conseil de l'Arctique (1996) peine à arbitrer les revendications.
- La haute mer devient un objet de protection commune.Traité sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, adopté à l'ONU le 19 juin 2023, qui permet de créer des aires marines protégées en haute mer, soit près des deux tiers de l'océan mondial.
Conclusion rédigéeDepuis 1945, les océans sont passés du statut d'espace de libre circulation à celui d'espaces largement territorialisés : la convention de Montego Bay a donné aux États côtiers d'immenses zones économiques exclusives, tout en réservant la haute mer et les grands fonds à un usage commun. Cette appropriation n'a pas éteint les rivalités : elle les a déplacées vers les détroits, vers des archipels disputés comme les Spratleys, et vers l'Arctique que le réchauffement ouvre. Le droit international encadre ces rivalités plus qu'il ne les supprime, surtout lorsqu'une grande puissance refuse une décision arbitrale, comme la Chine en 2016. Reste une question : l'exploitation minière des grands fonds, réclamée par certains États et certaines entreprises, sera-t-elle compatible avec la protection de la biodiversité que promet le traité sur la haute mer de 2023 ?
Le piège — Réciter le cours sur la ZEE sans montrer d'affrontements, ou déborder avant 1945 en racontant les Grandes Découvertes : le sujet commence avec la proclamation Truman, et le mot « rivalités » exige des acteurs qui s'opposent, nommés et localisés.
Sujet 2 — Faire la paix depuis 1648 : par quels moyens et avec quel succès ?
Analyse des termes — Brouillon : « faire la paix », c'est à la fois mettre fin à une guerre (armistice, traité) et rendre cette fin durable (règles, institutions, réconciliation). La borne de 1648 renvoie aux traités de Westphalie, signés en octobre 1648 à Münster et Osnabrück, qui terminent la guerre de Trente Ans ; le sujet va jusqu'à nos jours. La double question impose d'identifier les moyens (traités, sécurité collective, opérations de maintien de la paix, justice) et d'évaluer leurs résultats, sans tomber dans le réquisitoire contre l'ONU. Tension repérée : la paix repose toujours sur la volonté d'États souverains, qui peuvent la construire comme la bloquer.
Problématique — Comment les moyens de faire la paix sont-ils passés, depuis 1648, de l'équilibre négocié entre États souverains à une sécurité collective mondiale, et pourquoi celle-ci demeure-t-elle fragile ?
Introduction rédigéeEn octobre 1648, les traités signés à Münster et à Osnabrück mettent fin à la guerre de Trente Ans, qui a ravagé le Saint-Empire. Ces traités de Westphalie, négociés pendant près de cinq ans par la plupart des puissances européennes, sont souvent présentés comme l'acte de naissance d'un ordre international fondé sur des États souverains. Faire la paix, c'est à la fois mettre fin à une guerre, par un armistice ou un traité, et rendre cette fin durable, par des règles, des institutions et la réconciliation des sociétés. De 1648 à nos jours, les acteurs de la paix changent : d'abord les souverains et leurs diplomates, puis, après 1919, des organisations internationales, la Société des Nations puis l'ONU, et, plus récemment, des médiateurs, des organisations régionales et des juridictions internationales. Dès lors, comment les moyens de faire la paix sont-ils passés de l'équilibre négocié entre États souverains à une sécurité collective mondiale, et pourquoi celle-ci demeure-t-elle fragile ? Nous étudierons d'abord la paix par les traités entre États souverains, de 1648 à 1914, puis l'invention de la sécurité collective, de 1919 à la fin de la guerre froide, enfin les ambitions et les échecs de la paix depuis les années 1990.
I. La paix par les traités entre États souverains (1648-1914)
- Les traités de Westphalie inventent une paix négociée entre souverains égaux.Congrès réunissant la plupart des puissances européennes à Münster et Osnabrück ; traités d'octobre 1648 ; indépendance des Provinces-Unies reconnue la même année.
- Le congrès de Vienne fonde la paix sur l'équilibre et la concertation des grandes puissances.Congrès de Vienne (1814-1815) et « concert européen » : pas de guerre générale en Europe jusqu'en 1914, malgré des conflits limités comme la guerre de Crimée (1853-1856).
- Une paix imposée par le vainqueur prépare la guerre suivante.Traité de Francfort (10 mai 1871) : l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par l'Empire allemand nourrit en France l'idée de revanche.
II. L'invention de la sécurité collective (1919-1991)
- La SDN tente de substituer l'arbitrage à la guerre, sans moyens de contrainte.Pacte de la Société des Nations (1919), organisation active en 1920 ; absence des États-Unis, dont le Sénat refuse le traité de Versailles ; impuissance face à l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie (1935-1936).
- L'ONU se dote d'un organe capable d'imposer la paix.Charte signée à San Francisco le 26 juin 1945 ; Conseil de sécurité avec cinq membres permanents disposant d'un droit de veto ; chapitre VII autorisant l'usage de la force.
- La guerre froide paralyse le système, qui invente d'autres outils.Usage répété du veto ; premières missions d'observation (ONUST, 1948) puis casques bleus, dont les forces de maintien de la paix reçoivent le prix Nobel de la paix en 1988.
III. Depuis 1991 : une paix plus ambitieuse, toujours fragile
- L'ONU élargit ses missions à la reconstruction des États et à la protection des populations.Kofi Annan secrétaire général (1997-2006) ; administration du Timor oriental par l'ONU (1999-2002) ; prix Nobel de la paix 2001 ; « responsabilité de protéger » adoptée au Sommet mondial de 2005.
- Les échecs rappellent que la sécurité collective dépend de la volonté des États.Génocide des Tutsi au Rwanda (avril-juillet 1994) malgré la présence de la MINUAR ; massacre de Srebrenica (juillet 1995) ; guerre d'Irak lancée en 2003 sans autorisation du Conseil de sécurité.
- Les paix négociées régionales restent inachevées.Accords de Camp David (1978) et traité de paix israélo-égyptien (1979) ; accords d'Oslo (1993) sans règlement final ; accords de Dayton (1995) pour la Bosnie.
Conclusion rédigéeDe 1648 à nos jours, faire la paix est passé d'une affaire de diplomates, qui rétablissaient un équilibre entre souverains, à une responsabilité collective confiée à des institutions, la SDN puis l'ONU, et élargie depuis les années 1990 à la protection des populations et à la justice. Chaque étape est née d'une guerre plus destructrice que la précédente et a tenté de corriger les échecs du système antérieur, sans jamais lever la contradiction de départ : la paix repose sur la volonté d'États souverains, qui peuvent la bloquer, comme le montre l'usage du veto au Conseil de sécurité. Le Proche-Orient, où les accords de Camp David (1978) et d'Oslo (1993) n'ont pas produit de paix globale, rappelle que signer une paix ne suffit pas à la construire. On peut alors se demander si des organisations régionales comme l'Union africaine, créée en 2002, deviendront des acteurs de la paix plus efficaces que l'ONU.
Le piège — Traiter uniquement l'ONU depuis 1945, en oubliant que le sujet commence en 1648 ; ou répondre à « avec quel succès » par un plan « réussites / échecs de l'ONU » qui juge au lieu d'expliquer comment les moyens de faire la paix ont changé.