Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre
Clausewitz, des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux, Al-Qaïda et Daech (spécialité HGGSP de Tle)
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Ce lexique sur « Thème 2 — Axe 1 : la dimension politique de la guerre » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Penser la guerre : définitions et enjeux, Clausewitz, un officier prussien face à la guerre napoléonienne, De la guerre : les concepts clés, Le modèle interétatique : apogée et dérives (1870-1991). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Guerre
Affrontement armé, organisé et durable entre des groupes politiques, dont l'un au moins cherche à imposer sa volonté à l'autre par la force.
À ne pas confondre
Conflit — Un conflit est une opposition d'intérêts qui peut rester diplomatique ou économique ; la guerre en est la forme armée.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du francique werra (querelle, désordre). La définition politique moderne est celle de Clausewitz (1832) : un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire.
Ce que le mot permet d'écrire — Tous les sujets de l'axe. Définissez-la en introduction sans la réduire à l'État : c'est précisément ce que le sujet « La guerre : un affrontement armé entre États ? » vous invite à discuter.
Guerre interétatique
Guerre entre États souverains, menée par des armées régulières, en principe déclarée et close par un traité.
À ne pas confondre
Guerre civile — Elle oppose des groupes à l'intérieur d'un même État ; elle peut être internationalisée si des États étrangers interviennent.
Selon l'époque et le point de vue — Modèle européen de l'époque moderne, codifié par les conventions de La Haye (1899, 1907). Dominante jusqu'en 1945, elle devient ensuite minoritaire parmi les conflits armés.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert de point de départ pour montrer une évolution. Faute à éviter : dire qu'elle a disparu ; la guerre d'Ukraine (2022) prouve le contraire.
Guerre irrégulière
Guerre où au moins l'un des adversaires ne combat pas selon les formes de l'armée régulière : pas d'uniforme, pas de front, harcèlement, embuscades, attentats.
À ne pas confondre
Guerre asymétrique — L'irrégularité désigne la forme du combat ; l'asymétrie désigne l'inégalité des forces. Une guerre peut être asymétrique mais régulière (l'invasion de l'Irak en 2003, dans sa phase initiale).
Selon l'époque et le point de vue — La « petite guerre » est connue dès le XVIIIe siècle ; elle prend une dimension politique avec la guérilla espagnole (1808-1814), puis les guerres révolutionnaires et de décolonisation du XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour le sujet de 2025 « Guerres régulières et guerres irrégulières… ». Faute à éviter : y voir une guerre « illégale » ; le droit (protocoles de Genève de 1977) protège aussi certains combattants irréguliers.
Guérilla
Forme de guerre irrégulière menée par des combattants légers qui harcèlent un adversaire plus fort, en s'appuyant sur la population et sur le terrain.
À ne pas confondre
Terrorisme — La guérilla vise d'abord des forces armées et cherche à contrôler un territoire ; le terrorisme frappe souvent des civils pour produire un effet de peur.
Selon l'époque et le point de vue — Mot espagnol (« petite guerre ») né de la guerre contre Napoléon (1808-1814). Théorisée par Mao Zedong (De la guerre prolongée, 1938) puis Che Guevara (La Guerre de guérilla, 1960).
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de montrer que l'irrégulier est ancien. Faute à éviter : l'appliquer à Al-Qaïda, qui ne tient ni maquis ni territoire.
Guerre asymétrique
Guerre entre adversaires de puissance très inégale, où le plus faible cherche à contourner la supériorité du plus fort par la surprise, la durée et l'effet psychologique.
À ne pas confondre
Guerre dissymétrique — Dans le vocabulaire stratégique français, elle désigne une inégalité de forces entre adversaires de même nature (deux armées d'États), sans changement de méthode.
Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée dans la doctrine militaire américaine dans les années 1990, après la guerre du Golfe (1991), pour penser les adversaires qui refusent le combat conventionnel.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour le 11 septembre 2001 : un réseau frappe la première puissance mondiale. Faute à éviter : croire que le fort gagne toujours ; l'Afghanistan (2001-2021) montre l'inverse.
Terrorisme
Emploi de la violence, souvent contre des civils, pour créer un climat de peur et obtenir un effet politique.
À ne pas confondre
Guerre — Le terrorisme est un mode d'action, pas un acteur : on fait la guerre à des groupes, non à une méthode. D'où la critique de l'expression « guerre contre la terreur ».
Selon l'époque et le point de vue — Le mot naît de la « Terreur » révolutionnaire (1793-1794) ; le sens actuel s'impose à la fin du XIXe siècle avec les attentats anarchistes. Il n'existe toujours pas de définition universelle adoptée à l'ONU.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur Al-Qaïda et Daech. Faute à éviter : l'employer comme synonyme de djihadisme ; il existe des terrorismes séparatistes, d'extrême gauche ou d'extrême droite.
Djihadisme
Idéologie politico-religieuse qui prône la lutte armée pour imposer un ordre politique fondé sur une lecture littéraliste et radicale de l'islam.
À ne pas confondre
Islam et djihad — L'islam est une religion ; le djihad est une notion religieuse aux sens multiples (effort sur soi, combat défensif). Le djihadisme en est une interprétation armée, rejetée par l'immense majorité des musulmans.
Selon l'époque et le point de vue — Il puise dans les écrits de Sayyid Qutb (exécuté en Égypte en 1966) et se structure pendant la guerre d'Afghanistan contre l'URSS (1979-1989), avec Abdallah Azzam et Oussama ben Laden.
Ce que le mot permet d'écrire — Désigne l'idéologie commune d'Al-Qaïda et de Daech. Faute à éviter : tout amalgame entre religion et idéologie armée, que le correcteur sanctionne.
Acteur transnational
Acteur non étatique dont l'action traverse les frontières : réseau, organisation non gouvernementale, firme, groupe armé.
À ne pas confondre
Acteur international — Les relations internationales au sens strict sont celles entre États ; le transnational passe par-dessus ou à côté d'eux.
Selon l'époque et le point de vue — Notion développée en relations internationales dans les années 1970 (Robert Keohane et Joseph Nye) ; appliquée aux groupes armés après la fin de la guerre froide.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé du titre de l'axe : « des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux ». Faute à éviter : dire que Daech est transnational et non territorial ; il est les deux.
Trinité clausewitzienne
Les trois tendances qui composent toute guerre selon Clausewitz : la violence et la passion, le jeu du hasard et des probabilités, la raison politique.
À ne pas confondre
Triangle peuple-armée-gouvernement — C'est une lecture simplifiée : Clausewitz parle de tendances, attribuées « surtout » au peuple, au chef et à son armée, au gouvernement, non d'institutions.
Selon l'époque et le point de vue — De la guerre, livre I, chapitre 1, § 28 (1832). Martin van Creveld en fait la cible de sa critique en 1991 en parlant de guerre « non trinitaire ».
Ce que le mot permet d'écrire — Excellente grille pour analyser Daech : propagande (passions), combattants (hasard), direction (buts politiques). Faute à éviter : en faire un organigramme de l'État.
Montée aux extrêmes
Logique théorique par laquelle chaque adversaire répond à l'effort de l'autre par un effort supérieur, jusqu'à l'usage de toute la violence possible.
À ne pas confondre
Guerre totale — La montée aux extrêmes est un mécanisme théorique ; la guerre totale est une réalité historique où ce mécanisme se réalise (1914-1945).
Selon l'époque et le point de vue — Décrite par Clausewitz au livre I de De la guerre ; reprise par René Girard dans Achever Clausewitz (2007).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer les guerres mondiales et la dissuasion nucléaire. Faute à éviter : croire que Clausewitz la souhaite ; il montre que la politique la freine.
Guerre totale
Guerre qui mobilise toutes les ressources humaines, économiques et morales d'une société, efface la distinction entre combattants et civils et vise l'anéantissement de l'adversaire.
À ne pas confondre
Guerre absolue — La guerre absolue est un concept de Clausewitz, jamais atteint selon lui ; la guerre totale est une pratique des États au XXe siècle.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression est popularisée par Léon Daudet (La Guerre totale, 1918), puis par Erich Ludendorff (1935), qui veut soumettre la politique à la guerre.
Ce que le mot permet d'écrire — Moment de rupture dans les sujets « du XVIIIe siècle à nos jours ». Faute à éviter : l'appliquer à la guerre de Sept Ans ou aux guerres napoléoniennes sans nuance.
Levée en masse
Réquisition de toute la nation pour la guerre, décrétée par la Convention le 23 août 1793 : « tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées ».
À ne pas confondre
Conscription — La conscription est un service militaire obligatoire et régulier, instauré par la loi Jourdan-Delbrel du 5 septembre 1798 ; la levée en masse est une mesure d'urgence.
Selon l'époque et le point de vue — Réponse de la République à la guerre contre les monarchies coalisées ; elle fait naître la « nation en armes » que Clausewitz analyse.
Ce que le mot permet d'écrire — Rupture fondatrice dans les sujets sur l'évolution de la guerre. Faute à éviter : la dater de 1789 ou de Napoléon.
Dissuasion nucléaire
Stratégie qui vise à empêcher une agression en menaçant l'adversaire de destructions nucléaires hors de proportion avec ce qu'il pourrait gagner.
À ne pas confondre
Guerre froide — La guerre froide est une période (1947-1991) et un affrontement global ; la dissuasion est l'une de ses stratégies, qui lui survit.
Selon l'époque et le point de vue — Née après Hiroshima et Nagasaki (août 1945) et la première bombe soviétique (1949) ; la France procède à son premier essai le 13 février 1960.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre une confirmation paradoxale de Clausewitz : l'arme sert le politique en empêchant la guerre. Faute à éviter : dire qu'elle a mis fin à toute guerre.
Califat
Régime politique dirigé par un calife, présenté comme successeur du Prophète à la tête de la communauté des croyants.
À ne pas confondre
État — Daech proclame un califat en 2014 mais n'est reconnu par aucun État : on parle de proto-État, qui imite les fonctions étatiques sans légitimité internationale.
Selon l'époque et le point de vue — Le dernier califat, ottoman, est aboli le 3 mars 1924 par la République turque. Sa restauration est un objectif lointain d'Al-Qaïda ; Daech le proclame le 29 juin 2014.
Ce que le mot permet d'écrire — Preuve que la violence djihadiste a un but politique. Faute à éviter : présenter le califat de Daech comme une continuité historique acceptée.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Guerre régulière / guerre irrégulière
Oppose la forme du combat : armées identifiées et front d'un côté, harcèlement et clandestinité de l'autre.
Ce qu'il débloque — Structure les sujets sur les formes de la guerre ; montrer que les deux coexistent souvent dans un même conflit.
Exemple — Sur le sujet « Guerres régulières et guerres irrégulières après la fin de la Seconde Guerre mondiale », il permet de passer de la Corée (1950-1953) à l'Algérie (1954-1962), puis à Daech, qui combine les deux.
Interétatique / transnational
Oppose une guerre entre États à une guerre où un acteur traverse et ignore les frontières.
Ce qu'il débloque — C'est le fil du titre de l'axe ; attention à ne pas en faire une succession mécanique.
Exemple — Sur le sujet « La guerre : un affrontement armé entre États ? », il permet de confronter Sedan (1870) et le 11 septembre 2001.
Fin / moyen
Le but politique (la fin) commande la violence militaire (le moyen).
Ce qu'il débloque — Grille de lecture de toute guerre : à quoi sert-elle, qui la décide ?
Exemple — Sur le sujet « La dimension politique de la guerre… », il permet de montrer que Daech, en proclamant un califat, reste dans une logique de fins politiques.
Guerre absolue / guerre réelle
Le concept théorique de montée aux extrêmes face à la guerre limitée par la politique, la friction et l'incertitude.
Ce qu'il débloque — Permet de nuancer : aucune guerre ne réalise la théorie, certaines s'en approchent.
Exemple — Sur un sujet sur Clausewitz, il permet d'expliquer pourquoi les guerres totales de 1914-1945 semblent réaliser ce qu'il jugeait théorique.
Territoire / réseau
Oppose un acteur qui tient et administre un espace à un acteur dispersé et mobile.
Ce qu'il débloque — Clé pour comparer Al-Qaïda et Daech.
Exemple — Sur le sujet « Al-Qaïda et Daech : deux façons de faire la guerre sans être un État ? », il fournit le plan de la deuxième partie.
Rupture / continuité
Mesure ce qui change vraiment et ce qui demeure dans la nature de la guerre.
Ce qu'il débloque — Indispensable quand le sujet dit « évolutions et ruptures » ou « toujours ».
Exemple — Sur le sujet « Existe-t-il toujours un schéma « classique » de la guerre… », il permet de conclure que la nature politique demeure quand la forme change.
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