Le texte réfute d'abord l'idée d'une pensée achevée que la parole viendrait traduire, décrit ensuite l'expérience de celui qui parle ou écrit, puis en tire une nouvelle conception du langage. La thèse est que la parole ne traduit pas la pensée, elle l'accomplit.
La pensée existe-t-elle avant les mots qui l'expriment ?
Le plan en trois parties
Premier moment : la critique du langage-vêtement
- On se représente d'ordinaire une pensée toute faite que les mots habilleraient ensuite.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Cette image suppose une pensée sans langage, dont nul ne peut donner d'exemple.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Hegel notait déjà que c'est dans le mot que nous pensons, et non avant lui.Hegel, Encyclopédie, philosophie de l'esprit
Deuxième moment : l'expérience de celui qui parle et qui écrit
- L'orateur ne pense pas avant de parler : sa pensée se forme à mesure que la phrase avance.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Celui qui écrit découvre ce qu'il voulait dire en le disant : chercher ses mots, c'est chercher sa pensée.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- L'expérience du mot qui manque montre que l'idée n'était pas déjà là, complète et muette.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Troisième moment : la parole comme geste et comme création
- La parole est un geste du corps qui installe un sens dans le monde, comparable au geste du peintre.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Il faut distinguer la parole parlée, qui reprend des significations acquises, et la parole parlante, qui en institue.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- La conséquence est que le langage n'enferme pas la pensée : il est le lieu où elle devient possible.Merleau-Ponty, Signes
Si nous pensons dans les mots, sommes-nous prisonniers de la langue que nous avons reçue ?