Le texte affirme d'abord que la connaissance scientifique ne commence jamais de rien, analyse ensuite la résistance que l'esprit oppose à ses propres progrès, puis en tire une conséquence pédagogique. La thèse est que l'on connaît contre une connaissance antérieure, non à partir d'elle.
La science prolonge-t-elle l'expérience commune ou doit-elle rompre avec elle ?
Le plan en trois parties
Premier moment : l'esprit n'est jamais vierge
- L'élève arrive en classe avec des connaissances empiriques déjà constituées, non avec une page blanche.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- Ces savoirs spontanés sont d'autant plus tenaces qu'ils ont l'évidence de l'expérience quotidienne.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- Le texte s'oppose ainsi à l'empirisme, pour qui l'observation fournit d'elle-même les débuts du savoir.Hume, Enquête sur l'entendement humain, IV
Deuxième moment : l'obstacle est interne à l'acte de connaître
- L'obstacle n'est pas la difficulté de l'objet mais l'inertie de l'esprit, attaché à ses images.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- L'opinion pense mal, elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- L'exemple de l'éponge, image commode appliquée à tout, montre comment une métaphore bloque l'analyse.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
Troisième moment : connaître, c'est détruire pour reconstruire
- La science se construit contre le sens commun : il faut d'abord défaire pour pouvoir apprendre.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- L'erreur cesse d'être un accident et devient un moment nécessaire, dont la rectification fait le progrès.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- Popper rejoindra cette valorisation de l'erreur en faisant de la réfutation le moteur de la connaissance.Popper, Conjectures et réfutations
Une science qui rompt avec l'expérience commune peut-elle encore être comprise par ceux qui ne la pratiquent pas ?