La vérité est par définition universelle, donc apte à réunir ; mais son affirmation heurte les opinions et les intérêts, donc elle divise en fait. Le sujet oppose ainsi la vérité en droit, principe d'accord, et la vérité en fait, occasion de conflit.
La vérité est-elle ce qui rassemble les esprits au-delà de leurs différences, ou ce dont la revendication engendre inévitablement le conflit ?
Le plan en trois parties
La vérité divise ceux qui la revendiquent
- Les vérités de fait heurtent les récits dont vivent les groupes : dire le vrai est souvent une offense politique.Arendt, Vérité et politique
- Ce que l'on appelle vérité sert fréquemment des intérêts : les discours vrais s'articulent à des pouvoirs.Foucault, Surveiller et punir
- Chacun tient pour vrai ce que sa coutume lui a appris, d'où des désaccords insolubles entre peuples.Montaigne, Essais
Mais seule la vérité peut fonder un accord réel
- Une démonstration contraint tout esprit qui la suit : la preuve met fin au rapport de force.Descartes, Méditations métaphysiques
- Convaincre s'adresse à la raison de tous, persuader aux passions de quelques-uns.Platon, Gorgias
- La communauté scientifique s'accorde sur des procédures de réfutation qui dépassent les opinions individuelles.Popper, Conjectures et réfutations
Une vérité qui unit à condition d'être cherchée ensemble
- L'accord visé n'est pas un consensus de confort mais le résultat d'une discussion où seul l'argument compte.Habermas, De l'éthique de la discussion
- La confrontation des opinions est la condition pour qu'une vérité reste comprise et vivante.Mill, De la liberté
- Sortir de la caverne suppose un chemin difficile : la division initiale est le prix de la conversion du regard.Platon, République VII
Une société peut-elle tenir sans un minimum de faits reconnus par tous ?