Maîtriser l'art de la dissertation — de l'analyse du sujet au devoir rédigé (programme de Terminale)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthodologie : la dissertation philosophique » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : L’accroche : entrer par un cas précis, La définition des termes : définir, c’est ouvrir une distinction, La tension du sujet : le oui, le non, et le présupposé, La problématique : une question dont les deux réponses tiennent. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue des philosophes, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de dissertation. Les repères du programme (légal/légitime, en fait/en droit…) sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
« Faut-il… ? »
Verbe de consigne qui interroge une obligation ou une nécessité : il demande si quelque chose doit être fait, et à quel titre — moral, logique, prudentiel ou vital.
Synonymes
Doit-on… ? — insiste sur le sujet qui obéit, là que « faut-il » porte sur l’exigence elle-même, sans auteur
Est-il nécessaire… ? — glisse vers la nécessité de fait, alors que « faut-il » garde une nuance d’obligation
Antonymes
Peut-on… ? — interroge une possibilité ou un droit, non une exigence : on peut ce qu’on n’est pas tenu de faire
À ne pas confondre
« Est-il souhaitable… ? » — le souhaitable relève du bien désiré, le « il faut » d’une contrainte qui ne demande pas mon avis
Selon l'époque et le point de vue — Le « il faut » latin (oportet) mêlait déjà obligation morale et convenance ; Kant sépare l’impératif catégorique (« tu dois ») de l’impératif hypothétique (« il faut, si tu veux… ») ; l’usage courant confond aujourd’hui les deux, ce que la dissertation doit précisément défaire.
Ce que le mot permet d'écrire — Un sujet en « faut-il » impose de demander de quel ordre est le il faut : moral, technique, juridique ou logique. Le plan le plus rentable distingue ces sens : « il le faut techniquement, mais faut-il moralement ? ». Exemple : « Faut-il résister à l’État ? ».
« Peut-on… ? »
Verbe de consigne à double sens : il demande à la fois si la chose est possible (en fait ou en droit) et si elle est permise. Toute dissertation en « peut-on » doit traiter les deux.
Synonymes
Est-il possible… ? — ne retient que la capacité, et fait perdre la moitié du sujet — celle du droit
A-t-on le droit… ? — ne retient que la permission, et fait perdre la question de la capacité
Antonymes
Faut-il… ? — la possibilité n’oblige pas : je peux mentir sans qu’il me faille mentir
À ne pas confondre
« Sait-on… ? » — le savoir est un état, le pouvoir une capacité : on peut agir sans savoir ce qu’on fait
Selon l'époque et le point de vue — Aristote distingue la puissance de l’acte : ce qui peut être n’est pas encore ; les juristes romains opposent posse et licere, pouvoir et être permis ; la langue française a fondu les deux en un seul verbe, ce qui est exactement le piège du sujet.
Ce que le mot permet d'écrire — Le plan le plus sûr sur un « peut-on » est : I. on le peut en fait — II. mais le peut-on en droit ? — III. cette capacité même change-t-elle ce qui est permis ? Exemple : « Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? ».
« Suffit-il de… ? »
Verbe de consigne qui interroge une condition : il demande si ce qui est nommé est une condition suffisante, et sous-entend presque toujours qu’il n’en est qu’une condition nécessaire.
Synonymes
Est-ce assez de… ? — même sens, mais sans la précision logique de la suffisance
Antonymes
Faut-il… ? — interroge la nécessité, c’est-à-dire l’autre moitié de la condition
À ne pas confondre
« Est-ce que… ? » — « suffit-il » ne demande pas si la chose est vraie, mais si elle épuise la question
Selon l'époque et le point de vue — La distinction du nécessaire et du suffisant vient de la logique scolastique (conditio sine qua non), passe dans les mathématiques classiques, et devient au XXe siècle l’outil élémentaire de l’analyse conceptuelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Réponse attendue quasi systématique : non, cela ne suffit pas — mais l’intérêt est de montrer ce qui manque, et pourquoi la question pouvait se poser. Exemple : « Suffit-il de s’exprimer pour être artiste ? », « Suffit-il de faire son devoir pour être juste ? ».
« Y a-t-il… ? »
Verbe de consigne qui interroge l’existence d’une chose ou d’une catégorie : il demande si le concept a des cas, et souvent s’il peut en avoir.
Synonymes
Existe-t-il… ? — plus fort : engage l’existence effective, quand « y a-t-il » tolère l’existence de droit
« Peut-il y avoir… ? » — la possibilité d’une chose n’est pas son existence : il peut y avoir des vérités inutiles sans qu’il y en ait
Selon l'époque et le point de vue — L’existence a d’abord été pensée comme une perfection (preuve ontologique) ; Kant établit qu’elle n’est pas un prédicat — dire qu’une chose est n’ajoute rien à son concept ; la logique contemporaine en fait un quantificateur.
Ce que le mot permet d'écrire — Le plan se construit sur le passage du fait au droit : I. de tels cas existent-ils ? — II. le concept est-il seulement cohérent ? — III. que nous apprend la difficulté à en trouver ? Exemple : « Existe-t-il des vérités inutiles ? ».
« Qu’est-ce que… ? »
Verbe de consigne qui demande une essence, c’est-à-dire ce sans quoi la chose ne serait pas elle-même. Le sujet appelle une définition construite, et non un inventaire d’exemples.
Synonymes
En quoi consiste… ? — oriente vers la composition, non vers l’essence
Antonymes
À quoi sert… ? — porte sur la fonction, qui peut varier sans que l’essence change
À ne pas confondre
« Que signifie… ? » — la signification est affaire de mot, l’essence est affaire de chose
Selon l'époque et le point de vue — C’est la forme socratique par excellence (ti esti : qu’est-ce que le courage ?) ; les dialogues de Platon s’achèvent souvent sans réponse, ce qui indique déjà que la définition est le problème, non son préalable.
Ce que le mot permet d'écrire — Le piège est de répondre dès l’introduction. Le plan progresse par définitions successives, chacune ruinée par un contre-exemple : I. une première définition évidente — II. son échec — III. la définition qui en tient compte.
« Pourquoi… ? »
Verbe de consigne ambigu : il demande soit la cause (ce qui produit), soit la raison (ce qui justifie), soit la fin (ce en vue de quoi). Le sujet consiste presque toujours à trancher entre ces trois sens.
Synonymes
Qu’est-ce qui explique… ? — ne retient que la cause, et perd la justification
Antonymes
Comment… ? — demande le mécanisme ou le moyen, sans interroger la raison d’être
À ne pas confondre
« En vue de quoi… ? » — n’admet que la cause finale, là où « pourquoi » les admet toutes
Selon l'époque et le point de vue — Aristote distingue quatre causes (matérielle, formelle, efficiente, finale) ; la science moderne, depuis Galilée et Descartes, élimine la cause finale de l’explication physique ; les sciences humaines la réintroduisent sous le nom de raisons d’agir.
Ce que le mot permet d'écrire — Le plan le plus solide décline les trois sens : I. la cause — II. la raison — III. la fin, et demande lequel des trois le sujet exige réellement. Exemple : « Pourquoi obéir aux lois ? ».
Problématique
Question unique qui énonce la difficulté d’un sujet en montrant que deux réponses opposées sont également défendables, et que le choix entre elles engage une conséquence.
Synonymes
Problème — le problème est la difficulté elle-même, la problématique est sa mise en forme interrogative
Antonymes
Thème — un thème est un domaine sans tension : « le devoir » n’est pas un problème
À ne pas confondre
Sujet — le sujet est donné, la problématique est construite : elle contient un mot que le sujet ne contenait pas
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du grec problêma, ce qui est jeté devant, l’obstacle ; Bachelard en fait la condition de toute connaissance : il n’y a de savoir que de réponse à une question ; le sens scolaire actuel date de la réforme des épreuves du baccalauréat au XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Test infaillible : si les deux réponses à votre problématique ne sont pas défendables, ce n’en est pas une. Second test : si l’on peut y répondre par un simple « ça dépend », le sujet a été manqué.
Présupposé
Ce qu’une question tient pour acquis sans le dire, et sans quoi elle ne pourrait même pas être posée.
Synonymes
Implicite — l’implicite est simplement non-dit ; le présupposé, lui, est nécessaire à la question
Antonymes
Conséquence — ce qui suit de la réponse, non ce qui la précède
À ne pas confondre
Préjugé — le préjugé est une opinion du candidat, le présupposé est une structure de l’énoncé
Selon l'époque et le point de vue — L’analyse des présupposés est la marque de la philosophie critique : Kant demande à quelles conditions une question est légitime ; Nietzsche généralise en cherchant qui a intérêt à ce qu’on la pose ainsi ; la linguistique contemporaine en a fait une notion technique.
Ce que le mot permet d'écrire — C’est le geste qui fait passer d’une copie correcte à une bonne copie. Sur « Faire son devoir, est-ce lutter contre soi-même ? », le présupposé est que le moi soit divisé : le contester ouvre la troisième partie.
Paradoxe
Proposition qui heurte l’opinion commune (para-doxa) tout en étant soutenable par des raisons — et non simple contradiction.
Synonymes
Contre-sens commun — le paradoxe est défendable, le contresens ne l’est pas
Antonymes
Lieu commun — ce que tout le monde accorde sans l’examiner
À ne pas confondre
Absurdité — l’absurde ne se soutient pas ; le paradoxe se soutient et c’est ce qui le rend redoutable
Selon l'époque et le point de vue — Les paradoxes de Zénon (Achille et la tortue) servaient déjà à montrer que le sens commun se contredit ; Socrate paradoxal affirme que nul n’est méchant volontairement ; à l’âge classique, le paradoxe devient un genre (La Rochefoucauld, Pascal).
Ce que le mot permet d'écrire — Une bonne deuxième partie est souvent le paradoxe du sujet : ce que personne n’accorderait d’emblée, mais qu’un auteur établit. Chercher le paradoxe est la manière la plus rapide de sortir du plan plat.
Thèse
Réponse au problème, énoncée sous forme d’une proposition affirmative que l’on peut nier : sans négation possible, il n’y a pas de thèse.
Synonymes
Position — plus vague : une position peut rester implicite, une thèse est formulée
Antonymes
Antithèse — la négation argumentée de la thèse, non son simple contraire verbal
À ne pas confondre
Opinion — l’opinion se déclare, la thèse se démontre et accepte d’être réfutée
Selon l'époque et le point de vue — Chez les Grecs, la thèse est la position que l’on tient dans un débat réglé ; Hegel articule thèse, antithèse et synthèse comme des moments réels de la chose même, non comme un plan scolaire — d’où la méfiance à avoir envers l’usage mécanique du mot.
Ce que le mot permet d'écrire — Chaque partie, chaque paragraphe doit pouvoir se ramener à une thèse d’une phrase. Si vous n’y parvenez pas, le paragraphe expose au lieu d’argumenter.
Concept
Représentation générale construite, dont on peut donner les critères d’application : un concept permet de trancher des cas, une notion vague ne le permet pas.
Synonymes
Notion — la notion est ce dont on parle, le concept est la notion devenue précise
Antonymes
Image — l’image est singulière et sensible, le concept général et pensé
À ne pas confondre
Mot — plusieurs mots pour un concept, et souvent plusieurs concepts sous un seul mot — d’où le travail de définition
Selon l'époque et le point de vue — Platon parle d’Idées, réalités séparées ; Aristote de formes dans les choses ; Kant fait du concept une fonction de l’entendement qui unifie le divers ; Deleuze, au XXe siècle, définit la philosophie comme création de concepts.
Ce que le mot permet d'écrire — Distinguer deux concepts sous un même mot est le geste qui fonde une partie : obligation et contrainte, devoir et intérêt, loi et règlement.
Distinction
Opération qui sépare deux sens ou deux choses que l’usage confond, en indiquant le critère de la séparation.
Synonymes
Différence — la différence se constate, la distinction se fait : elle suppose un critère énoncé
Antonymes
Confusion — état de départ du sens commun, que la dissertation doit défaire
À ne pas confondre
Séparation — on distingue sans séparer : l’âme et le corps se distinguent en droit sans exister à part
Selon l'époque et le point de vue — L’art de distinguer est l’héritage de la scolastique (distinguo), longtemps moquée pour ses subtilités ; Leibniz le réhabilite ; il reste aujourd’hui l’outil premier de l’analyse conceptuelle.
Ce que le mot permet d'écrire — Une distinction bien posée fournit un plan entier : I. en un premier sens — II. mais en un autre sens — III. ce que cette dualité même révèle.
Argument
Raison donnée à l’appui d’une thèse, dont la force ne tient ni à l’autorité de celui qui la donne ni à l’effet qu’elle produit, mais à sa validité.
Synonymes
Raison — plus large : une raison peut expliquer un fait sans justifier une thèse
Antonymes
Assertion — affirmation sans appui, la faute la plus fréquente en copie
À ne pas confondre
Exemple — l’exemple illustre un argument, il ne le remplace jamais : un cas ne prouve pas une règle
Selon l'époque et le point de vue — Aristote distingue dans la Rhétorique les preuves techniques (logos) des ressorts affectifs (pathos) et de l’autorité (ethos) ; la logique moderne ne retient comme argument que ce qui préserve la vérité des prémisses.
Ce que le mot permet d'écrire — Vérification rapide en relecture : souligner dans chaque paragraphe la phrase qui fait office d’argument. Si aucune ne se laisse souligner, le paragraphe est une récitation.
Dialectique
Marche de la pensée où une thèse produit elle-même l’objection qui la limite, et où le troisième moment rend compte des deux premiers au lieu de les additionner.
Synonymes
Discussion réglée — sens grec originel, plus modeste : l’art du dialogue contradictoire
Antonymes
Juxtaposition — aligner des positions sans qu’aucune n’engendre la suivante
À ne pas confondre
Synthèse — une synthèse mélange, une dialectique dépasse : le troisième moment doit expliquer pourquoi les deux premiers étaient possibles
Selon l'époque et le point de vue — Chez Platon, la dialectique est la montée vers l’Idée par le dialogue ; Kant y voit la logique de l’illusion, quand la raison dépasse ses limites ; Hegel en fait le mouvement du réel lui-même ; Marx la retourne vers l’histoire matérielle.
Ce que le mot permet d'écrire — Le troisième moment n’est jamais « un peu des deux ». Il déplace le problème : sur notre fil rouge, il montre que la lutte contre soi n’est ni le devoir ni son contraire, mais sa condition d’apprentissage.
Exemple
Cas singulier, précis et vérifiable, qui rend sensible une idée générale et met à l’épreuve sa validité.
Synonymes
Illustration — l’illustration rend visible, l’exemple peut aussi servir de contre-épreuve
Antonymes
Généralité — l’affirmation vague que l’exemple est censé enraciner
À ne pas confondre
Contre-exemple — un seul contre-exemple réfute une thèse universelle, alors que mille exemples ne la démontrent pas
Selon l'époque et le point de vue — Aristote fait de l’exemple (paradeigma) l’induction du discours rhétorique, moins probante que le syllogisme ; Kant en fait la « lisière du jugement », utile à qui manque d’exercice mais dangereuse pour qui s’y fie.
Ce que le mot permet d'écrire — Un bon exemple est daté, nommé, vérifiable : le procès de Nuremberg, la désobéissance de Rosa Parks, l’expérience de Milgram, Antigone. « Par exemple quand je fais un choix » n’est pas un exemple.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Obligation / contrainte
L’obligation vient d’une loi que je reconnais et à laquelle je puis désobéir ; la contrainte est une force qui m’est imposée et devant laquelle je n’ai pas le choix.
Ce qu'il débloque — Il débloque tous les sujets sur le devoir, la loi, l’État et la liberté, en permettant de distinguer ce qui oblige de ce qui force.
Exemple — Sur notre fil rouge, « Faire son devoir, est-ce lutter contre soi-même ? », il permet de montrer que si le devoir n’était qu’une contrainte intérieure, il ne différerait en rien de la peur du gendarme : l’obligation suppose que je puisse ne pas y céder.
En fait / en droit
Ce qui est constaté n’est pas ce qui est fondé : un fait peut être universel sans être légitime, et un droit valoir sans être jamais appliqué.
Ce qu'il débloque — Il débloque tous les sujets en « peut-on » et tous ceux qui portent sur une norme, en séparant la capacité et la permission.
Exemple — Sur « Peut-on être certain d’avoir bien agi ? », il sépare l’impossibilité psychologique de la certitude et son impossibilité de principe : deux réponses opposées que le sujet confond.
Essentiel / accidentel
Est essentiel ce sans quoi la chose cesse d’être elle-même ; accidentel ce qui peut varier sans qu’elle change de nature.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets en « est-ce » et en « qu’est-ce que », qui demandent une identité et non une simple compatibilité.
Exemple — Sur notre fil rouge, il fournit la charnière du devoir : la lutte contre soi accompagne-t-elle le devoir par accident, chez celui qui apprend, ou le constitue-t-elle essentiellement ?
Universel / général / particulier / singulier
L’universel vaut pour tous sans exception et par droit ; le général n’est qu’un constat majoritaire ; le particulier vaut pour une classe, le singulier pour un seul cas.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets sur la morale, la loi, la vérité et l’art, et interdit de prouver une règle par un exemple.
Exemple — Sur « L’art est-il accessible à tout le monde ? », il permet de distinguer une accessibilité de droit, universelle, d’une accessibilité de fait, seulement générale — et donc socialement déterminée.
Origine / fondement
L’origine est le commencement dans le temps ; le fondement est ce qui justifie en droit. Savoir d’où vient une chose ne dit pas si elle est légitime.
Ce qu'il débloque — Il débloque tous les sujets où une généalogie menace une valeur : morale, religion, État, savoir.
Exemple — Sur notre fil rouge, il permet de répondre à Nietzsche : montrer que la morale est née d’un ressentiment historique ne prouve pas qu’elle soit sans fondement aujourd’hui.
Absolu / relatif
Est absolu ce qui vaut indépendamment de toute relation ; relatif ce qui ne vaut que rapporté à un point de vue, une époque ou une fin.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets sur la vérité, la justice et la morale, en évitant le relativisme paresseux du « chacun son avis ».
Exemple — Sur « La vérité nous divise-t-elle ? », il sépare la vérité absolue d’un énoncé de la relativité des conditions dans lesquelles on y accède : les deux peuvent coexister.
Persuader / convaincre
Convaincre s’adresse à la raison par des arguments recevables par tous ; persuader s’adresse aux passions d’un auditoire particulier et peut réussir avec des raisons fausses.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets sur la vérité, le langage, la politique et l’art — et il définit ce qu’une dissertation doit faire.
Exemple — Sur « Une bonne discussion nous conduit-elle nécessairement à la vérité ? », il fournit l’antithèse : une discussion réussie peut n’être qu’une persuasion mutuelle.
En théorie / en pratique
Ce qui est vrai en théorie ne devient pas faux parce qu’il échoue en pratique : l’échec peut tenir aux conditions d’application, non au principe.
Ce qu'il débloque — Il débloque les sujets où l’on est tenté de conclure de la difficulté à l’impossibilité, notamment en morale et en politique.
Exemple — Sur notre fil rouge, il permet d’objecter à l’argument du « personne n’y arrive » : la rareté des actes accomplis par pur devoir ne réfute pas l’exigence.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.