« Résister » va de la contestation légale à l'insurrection : il faut graduer le terme avant de répondre. Le sujet met en jeu le repère légal / légitime, puisque la question n'a de sens que si une loi peut être valide sans être juste.
L'obéissance à l'État est-elle la condition de toute vie civile, ou existe-t-il un devoir de résister quand la loi trahit ce qui la fonde ?
Le plan en trois parties
Obéir est la condition de la paix civile
- Sans souverain reconnu, on retourne à une guerre de tous contre tous où nul n'est en sûreté.Hobbes, Léviathan
- Le pacte social substitue la loi commune aux volontés particulières : la contester, c'est le rompre.Rousseau, Du contrat social
- Un ordre imparfait vaut mieux qu'un désordre juste en intention : la coutume tient les sociétés.Montaigne, Essais
Mais une loi peut être légale sans être légitime
- Quand la force s'habille en justice, obéir revient à consacrer la domination.Pascal, Pensées
- Aucune autorité ne peut ordonner de traiter un homme simplement comme un moyen.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- La tyrannie de la majorité peut opprimer légalement une minorité : la loi ne suffit pas.Tocqueville, De la démocratie en Amérique
Résister au nom de ce qui fonde l'État
- La désobéissance publique et assumée invoque le droit contre la loi : elle ne détruit pas l'ordre, elle le rappelle.Rawls, Théorie de la justice
- La liberté d'opinion et de contestation est l'organe de correction des démocraties.Mill, De la liberté
- Agir ensemble et paraître en public est le mode propre de l'action politique, distinct de la violence.Arendt, Condition de l'homme moderne
La désobéissance civile est-elle une contestation de l'État ou l'une de ses institutions implicites ?