La question présuppose que la vérité est menacée et qu'elle ne se défend pas seule : il faut donc identifier ses adversaires. Ceux-ci sont de trois ordres : l'erreur involontaire, le mensonge intéressé, et l'indifférence qui rend le vrai insignifiant.
La vérité doit-elle être défendue contre l'erreur, contre les pouvoirs qui la déforment, ou contre l'indifférence qui la rend inutile ?
Le plan en trois parties
Contre l'erreur et le préjugé
- Les prisonniers de la caverne prennent les ombres pour le réel : l'opinion est le premier adversaire.Platon, République VII
- L'esprit scientifique se construit contre ses évidences premières, qui sont autant d'obstacles.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- L'habitude nous fait tenir pour nécessaire ce qui n'est qu'une régularité observée.Hume, Enquête sur l'entendement humain
Contre le mensonge et les pouvoirs
- Les vérités de fait sont fragiles : elles dépendent de témoins et d'archives qu'un pouvoir peut détruire.Arendt, Vérité et politique
- La production du vrai est liée à des dispositifs de pouvoir qu'il faut analyser.Foucault, Surveiller et punir
- Ce qui est fort se fait passer pour juste et pour vrai quand nul ne le conteste.Pascal, Pensées
Contre l'indifférence, en cultivant les conditions du vrai
- Une opinion vraie jamais discutée devient un préjugé : la liberté de contredire protège la vérité.Mill, De la liberté
- Exposer une théorie à la réfutation, c'est la défendre mieux qu'en la soustrayant à la critique.Popper, Conjectures et réfutations
- Des procédures de discussion honnête donnent à la vérité sa force publique.Habermas, De l'éthique de la discussion
Peut-on défendre la vérité par des moyens qui l'affaiblissent, comme la censure du faux ?