« Plus humain » peut désigner un accroissement de culture et de conscience, ou au contraire une plus grande humanité au sens moral. Le travail apparaît tantôt comme ce qui arrache l'homme à l'animalité, tantôt comme ce qui le réduit à l'état de machine.
Le travail est-il ce par quoi l'homme se distingue et s'humanise, ou peut-il, par certaines de ses formes, le déshumaniser ?
Le plan en trois parties
Le travail distingue l'homme de l'animal
- Le pire architecte l'emporte sur la meilleure abeille parce qu'il conçoit avant de faire.Marx, Le Capital, I
- En formant la chose, la conscience se découvre elle-même et se libère de la peur.Hegel, Phénoménologie de l'esprit
- L'homme ne devient homme que par la discipline et l'éducation, dont le travail est l'école.Kant, Réflexions sur l'éducation
Mais certaines formes de travail défont l'humanité du travailleur
- Le travail aliéné retourne l'activité contre celui qui l'exerce.Marx, Manuscrits de 1844
- Le travail en miettes vide le geste de sa signification et interdit de penser ce que l'on fait.Friedmann, Le Travail en miettes
- L'usine détruit l'attention, qui est pourtant ce qu'il y a de plus humain en nous.Simone Weil, La Condition ouvrière
Ce qui humanise n'est pas le travail en soi mais l'œuvre et le lien qu'il institue
- L'œuvre laisse un monde durable, à la différence du labeur qui se consume.Arendt, Condition de l'homme moderne
- La division du travail crée une interdépendance qui fait société.Durkheim, De la division du travail social
- Le travail attache à la réalité et aux autres : c'est ce lien, et non la peine, qui humanise.Freud, Malaise dans la civilisation
Une société qui automatiserait le travail pénible aurait-elle rendu les hommes plus humains ?