L’identité désigne ici ce qui fait qu’un individu reste le même et se reconnaît comme tel, tandis que la mémoire est la faculté de conserver et de rappeler. La question est de savoir si l’identité se réduit à ce que nous nous rappelons, ou si elle repose sur autre chose.
Suis-je ce dont je me souviens, ou ce dont je réponds ?
Le plan en trois parties
La mémoire fonde l’identité personnelle
- Est la même personne celle dont la conscience peut remonter jusqu’à une action passée : l’identité est mémorielle.Locke, Essai sur l’entendement humain
- Le passé conservé en entier constitue le caractère et oriente chaque choix présent.Bergson, Matière et mémoire
- L’amnésie profonde désorganise le sentiment d’être soi : la clinique confirme le lien.exemple clinique
Mais la mémoire est trop lacunaire et trop collective pour fonder un moi
- Le moi n’est qu’un faisceau de perceptions : la continuité mémorielle est une fiction commode.Hume, Traité de la nature humaine
- Nos souvenirs nous viennent des groupes auxquels nous appartenons : ma mémoire n’est pas seulement mienne.Halbwachs, Les cadres sociaux de la mémoire
- L’essentiel de ce qui me détermine est précisément ce dont je ne me souviens pas.Freud, Études sur l’hystérie
L’identité se maintient par le récit et l’engagement, dont la mémoire n’est que la matière
- L’identité narrative articule ce qui change et ce qui se maintient : je suis l’histoire que je peux raconter et rectifier.Ricœur, Soi-même comme un autre
- Tenir sa promesse, c’est garantir son identité dans un avenir incertain : le moi se maintient en s’obligeant.Arendt, Condition de l’homme moderne
- Je ne suis pas la somme de mes souvenirs mais ce que je fais de ce que j’ai été.Sartre, L’existentialisme est un humanisme
Ce que les autres se rappellent de moi fait-il partie de mon identité, ou seulement de ma réputation ?