L’animal, dit-on, vit sans savoir qu’il passe, tandis que l’homme sait qu’il vieillira et mourra. Le sujet demande si ce savoir est la source de notre malheur ou la condition de ce qui fait notre grandeur.
Savoir que nous passons nous condamne-t-il au malheur, ou nous rend-il capables de bonheur ?
Le plan en trois parties
Savoir que le temps passe est la source de nos souffrances
- Le vouloir-vivre ne trouve dans le temps qu’un manque renouvelé, entre désir insatisfait et ennui.Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
- Nous fuyons le présent vers un avenir espéré, et par là nous ne vivons jamais.Pascal, Pensées
- La conscience de l’irréversible fait le remords et la nostalgie, souffrances proprement humaines.Jankélévitch, L’irréversible et la nostalgie
Mais l’ignorance du temps ne serait pas un bonheur humain
- L’homme est un être de projet : sans conscience de l’avenir, il n’y aurait ni choix ni liberté.Sartre, L’Être et le Néant
- L’anticipation de la mort, loin d’écraser l’existence, lui donne son sérieux et sa décision.Heidegger, Être et Temps
- La mémoire fait l’identité : un être sans conscience du temps ne serait personne.Locke, Essai sur l’entendement humain
Le malheur vient d’un mauvais rapport au temps, non de sa conscience
- La crainte de la mort repose sur un raisonnement faux : la mort n’est rien pour nous.Épicure, Lettre à Ménécée
- Comprendre la nécessité sous l’aspect de l’éternité délivre des passions tristes liées à la durée.Spinoza, Éthique, V
- Vouloir l’éternel retour, c’est convertir le savoir du temps en affirmation joyeuse.Nietzsche, Le Gai Savoir
Une vie sans fin nous délivrerait-elle du malheur, ou lui ôterait-elle toute raison de valoir quelque chose ?