La question du « pourquoi » demande une raison d'agir, qui peut être une cause, un intérêt ou un fondement ; « être juste » désigne une disposition durable et non un acte isolé. Toute la difficulté est qu'une justification par l'intérêt semble ruiner la justice qu'elle prétend fonder.
Peut-on donner une raison d'être juste qui ne détruise pas la justice en la réduisant à un moyen ?
Le plan en trois parties
On est juste parce que c'est notre intérêt bien compris
- La crainte réciproque conduit les hommes à instituer des règles pour sortir de l'insécurité.Hobbes, Léviathan
- La justice est la règle sociale dont l'utilité collective est la plus grande.Mill, L'Utilitarisme
- La société exerce une pression qui rend l'injustice coûteuse pour celui qui la commet.Durkheim, L'Éducation morale
Mais cette raison s'effondre dès que l'injustice devient impunie
- L'homme devenu invisible n'aurait plus aucun motif d'être juste : l'intérêt ne fonde rien.Platon, République, II
- Un acte conforme au devoir mais accompli par intérêt n'a aucune valeur morale.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, I
- La morale peut n'être que la ruse des faibles pour désarmer les forts.Nietzsche, La Généalogie de la morale
La justice ne se justifie pas par autre chose qu'elle-même
- La personne, fin en soi, oblige absolument : la justice n'a pas besoin de prime.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, II
- L'injustice commise abîme celui qui la commet plus que celui qui la subit.Platon, Gorgias
- Le visage d'autrui m'oblige avant que je n'aie pu chercher une raison de l'être.Levinas, Totalité et Infini
Une éducation morale peut-elle se passer de promettre des récompenses à la justice ?