Le bonheur désigne une satisfaction durable de l'existence, tandis que le devoir commande indépendamment de toute satisfaction. L'opposition n'est pas certaine : il reste à savoir si l'accomplissement du devoir rend malheureux ou s'il constitue une autre forme de contentement.
Faut-il choisir entre être heureux et être moral, ou la morale ouvre-t-elle un bonheur d'un autre ordre ?
Le plan en trois parties
Le devoir contrarie la recherche du bonheur
- La loi morale commande sans égard pour l'agrément et contredit souvent nos inclinations.Kant, Critique de la raison pratique
- La culture exige un renoncement pulsionnel qui rend le bonheur individuel plus difficile.Freud, Le Malaise dans la culture
- La morale du devoir a pu se retourner contre la vie qu'elle prétendait ordonner.Nietzsche, La Généalogie de la morale
Mais un bonheur sans morale se détruit lui-même
- Le bonheur n'est pas une somme de plaisirs mais l'activité de l'âme selon la vertu.Aristote, Éthique à Nicomaque, I
- L'homme injuste, en désaccord avec lui-même, ne peut être heureux.Platon, Gorgias
- L'accomplissement du devoir rend digne d'être heureux, ce qui vaut mieux que de l'être à tout prix.Kant, Critique de la raison pratique
Le devoir déplace le bonheur au lieu de l'interdire
- La joie naît de l'augmentation de notre puissance d'agir, que la vie éthique accroît.Spinoza, Éthique, III
- La vie bonne est une visée qui inclut le souci d'autrui dans des institutions justes.Ricœur, Soi-même comme un autre
- L'appel des grandes figures morales est moins une contrainte qu'un élan qui entraîne.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Une morale qui promettrait le bonheur resterait-elle désintéressée ?