Le « nous » engage une communauté, ce qui déplace la question d'une faute individuelle vers une obligation partagée. Être responsable « de » la nature, c'est en avoir la charge, ce qui suppose à la fois un pouvoir et une exigence de le limiter.
Une communauté peut-elle avoir la charge de ce qui n'est pas son œuvre ?
Le plan en trois parties
La nature est d'abord un objet à exploiter, pas une charge
- La science vise à nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.Descartes, Discours de la méthode, VI
- Ce qui n'a ni raison ni volonté n'a pas de dignité et n'oblige pas par soi.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- La valeur des choses dépend de l'usage que nous en faisons et du désir qui les vise.Spinoza, Éthique, IV
Mais l'exploitation illimitée détruit ses propres conditions
- Le pouvoir technique contemporain rend possible la destruction de l'avenir humain.Jonas, Le Principe responsabilité
- Le calcul du bien-être doit intégrer tous les êtres capables de souffrir.Singer, La Libération animale
- Une société qui ruine son milieu ruine aussi les liens moraux qui la tiennent.Durkheim, L'Éducation morale
Être responsable de la nature, c'est répondre devant ceux qui viendront
- Le destinataire de l'obligation écologique est l'humanité à venir, qui ne peut rien nous demander.Jonas, Le Principe responsabilité
- L'obligation envers ce qui est sans défense ne se négocie pas et ne se contracte pas.Simone Weil, L'Enracinement
- Sans monde durable, il n'y a plus d'espace commun où l'action humaine puisse apparaître.Arendt, Condition de l'homme moderne
Une obligation envers des êtres qui ne peuvent pas nous la réclamer est-elle encore de l'ordre du droit ?