Juger une action, c'est lui attribuer une valeur morale, ce qui peut se faire d'après l'intention qui l'anime ou d'après les effets qu'elle produit. Les conséquences sont publiques et mesurables, l'intention est invisible : l'enjeu est celui du critère du jugement moral.
La valeur d'un acte se mesure-t-elle à ce qu'il produit ou à ce qui l'a voulu ?
Le plan en trois parties
Les conséquences sont le seul critère vérifiable
- Une action est bonne si elle augmente la somme des plaisirs et diminue celle des peines.Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
- L'utilité générale fournit un critère commun et discutable publiquement.Mill, L'Utilitarisme
- Celui qui agit sans considérer les effets prévisibles de son acte fuit sa responsabilité.Weber, Le Savant et le Politique
Mais juger sur les effets, c'est abandonner la morale au hasard
- Seule la bonne volonté est bonne sans restriction, indépendamment de ce qu'elle obtient.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, I
- Un calcul favorable ne saurait légitimer l'instrumentalisation d'une personne.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, II
- Le calcul agrégé peut sacrifier une minorité au bien-être du plus grand nombre.Rawls, Théorie de la justice
Le jugement moral doit tenir ensemble l'intention et les effets
- La prudence est la vertu qui ajuste l'intention droite aux circonstances de l'action.Aristote, Éthique à Nicomaque, VI
- La sagesse pratique se mesure à l'épreuve du conflit entre la règle et la situation.Ricœur, Soi-même comme un autre
- Juger suppose de se représenter le point de vue des autres concernés par l'acte.Arendt, Responsabilité et jugement
Le droit, qui juge sur les actes, doit-il tenir compte de l'intention comme le fait la morale ?