L'intention est le but que se propose la volonté, indépendamment de sa réalisation ; « suffire » interroge le caractère complet de ce critère. Le sujet met en jeu le partage entre la moralité du sujet et la valeur objective de ce qu'il fait.
La pureté du vouloir suffit-elle à qualifier moralement un acte, ou faut-il encore qu'il soit bien fait ?
Le plan en trois parties
L'intention est le lieu propre de la moralité
- Rien n'est bon sans restriction sinon une volonté bonne.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, I
- Le mobile fait la différence entre l'acte conforme au devoir et l'acte accompli par devoir.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, I
- Nul n'est responsable des circonstances qui ne dépendent pas de lui.Épictète, Manuel
Mais la bonne intention peut faire beaucoup de mal
- Agir sans mesurer les effets, c'est confondre pureté et irresponsabilité.Weber, Le Savant et le Politique
- Le bien véritable s'apprécie à l'accroissement réel du bien-être des personnes.Mill, L'Utilitarisme
- L'intention est opaque à elle-même et peut servir d'alibi.Nietzsche, Par-delà bien et mal
L'action morale exige une intention droite et une compétence pratique
- La vertu réclame la prudence, qui sait délibérer sur les moyens de bien agir.Aristote, Éthique à Nicomaque, VI
- L'éthique vise la vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes.Ricœur, Soi-même comme un autre
- Se soucier réellement d'autrui, c'est s'enquérir de ce dont il a besoin, non de ce que je crois bon.Gilligan, Une voix différente
Peut-on reprocher à quelqu'un son incompétence comme on lui reproche sa mauvaise volonté ?