Les générations futures n'existent pas encore, ne peuvent rien réclamer ni rien nous rendre : l'idée d'un devoir envers elles rompt avec la réciprocité. Le sujet demande si l'obligation morale peut se passer d'un partenaire présent.
Peut-on être obligé envers des êtres qui n'existent pas encore ?
Le plan en trois parties
Une obligation sans réciprocité paraît impossible
- Le contrat n'oblige qu'entre parties présentes et capables de s'engager.Hobbes, Léviathan
- La volonté générale engage les vivants, qui ne peuvent lier ceux qui ne sont pas.Rousseau, Du contrat social
- La pression morale s'exerce dans un groupe réel, entre membres qui se répondent.Durkheim, L'Éducation morale
Mais notre puissance atteint ceux qui viendront
- L'impératif nouveau commande d'agir pour que la vie humaine demeure possible.Jonas, Le Principe responsabilité
- L'obligation naît de la vulnérabilité de l'autre, non de sa capacité à contracter.Levinas, Autrement qu'être
- L'humanité en la personne de chacun doit être respectée, présente ou à venir.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, II
Ce devoir engage moins des individus que la transmission d'un monde
- La justice entre générations impose des règles d'épargne et de préservation.Rawls, Théorie de la justice
- Le monde commun doit survivre à ceux qui l'habitent pour que l'action ait un sens.Arendt, Condition de l'homme moderne
- L'enracinement, besoin vital de l'âme, fonde une obligation de transmettre.Simone Weil, L'Enracinement
Transmettre un monde habitable, est-ce un devoir de justice ou un devoir d'amour ?