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Lycée · Terminale · Le bonheur

Y a-t-il un droit au bonheur ?

Sujet de dissertation — Le bonheur, Terminale

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Analyse des termes

Un droit implique une prétention légitime et un débiteur obligé. Le sujet demande donc si le bonheur peut être réclamé à quelqu'un, et à qui. Il faut distinguer la recherche du bonheur et le bonheur lui-même.

Problématique

Le bonheur peut-il faire l'objet d'un droit, ou seul l'accès aux conditions du bonheur peut-il être garanti ?

Le plan en trois parties

I

Le bonheur ne peut pas être un droit

  1. Un droit suppose un objet déterminé ; or le concept de bonheur est indéterminé, donc rien ne peut être exigé à ce titre.Kant, Théorie et pratique
  2. Nul ne peut être contraint de rendre un autre heureux : ce serait faire du bonheur d'autrui une dette impossible.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
  3. Le bonheur dépend en partie de la fortune : on ne fonde pas un droit sur ce qui relève du hasard.Aristote, Éthique à Nicomaque, I
TransitionCes objections valent contre un droit à l'état heureux, mais elles n'examinent pas les textes où le bonheur figure comme fin politique. Il faut donc prendre au sérieux cette revendication historique.
II

Pourtant les sociétés modernes reconnaissent une prétention légitime au bonheur

  1. Le but de la société est le bonheur commun : la Déclaration de 1793 l'inscrit en tête, ce qui fait du bonheur une exigence politique.Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793
  2. Le législateur doit viser le plus grand bonheur du plus grand nombre : le bonheur devient un critère opposable au pouvoir.Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
  3. La distribution équitable des biens premiers donne à chacun les moyens réels de poursuivre sa conception du bien.Rawls, Théorie de la justice
TransitionFaire du bonheur un droit exposerait l'État à promettre l'impossible et à décider du bien de chacun. Reste à déplacer le droit de la fin vers ses conditions.
III

Il n'y a pas de droit au bonheur, mais un droit aux conditions du bonheur

  1. L'État doit garantir la sécurité et la liberté de penser : au-delà, il n'a pas à prescrire ce qui rendra chacun heureux.Spinoza, Traité théologico-politique
  2. Un pouvoir qui prétendrait distribuer le bonheur infantiliserait les citoyens : le paternalisme est le contraire du droit.Kant, Théorie et pratique
  3. Ce que la cité peut offrir est la participation aux affaires communes : une félicité publique ouverte, non promise à chacun en particulier.Arendt, Essai sur la révolution
Ouverture

Si l'on a droit aux conditions du bonheur, jusqu'où l'égalité de ces conditions doit-elle aller ?

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