Le travail est d'abord une nécessité, une peine par laquelle l'homme transforme la nature. Le sujet demande si cette contrainte peut devenir source de joie. Il faut distinguer le labeur subi, le métier et l'œuvre.
Le travail n'est-il qu'une peine que le bonheur commence là où elle cesse, ou fait-il partie de ce qui accomplit l'homme ?
Le plan en trois parties
Le travail se présente d'abord comme le contraire du bonheur
- Le travail est la marque d'une malédiction et d'une nécessité biologique : l'animal laborans consume sans rien laisser derrière lui.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Le travail aliéné dépossède l'ouvrier du produit, de l'activité et de lui-même : il se sent hors de soi dans son travail.Marx, Manuscrits de 1844
- Le loisir est la condition de la vie contemplative, activité la plus haute et la plus heureuse : le travail n'y mène pas.Aristote, Éthique à Nicomaque, X
Mais le travail forme celui qui l'exerce et lui donne un monde
- En façonnant la chose, la conscience servile prend conscience d'elle-même : le travail est formateur et émancipateur.Hegel, Phénoménologie de l'esprit
- L'œuvre, à la différence du labeur, laisse derrière elle un monde durable où les hommes peuvent habiter.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Le travail occupe l'esprit et rattache au réel : il protège de l'ennui et du divertissement stérile.Alain, Propos sur le bonheur
Le travail rend heureux quand il est activité, non quand il est seulement emploi
- La joie signale une création réussie : le travail heureux est celui où quelque chose se fait, et non seulement se répète.Bergson, L'Énergie spirituelle
- Une activité qui augmente notre puissance d'agir engendre de la joie ; celle qui la diminue engendre de la tristesse : c'est le critère, non le statut.Spinoza, Éthique, III
- Le bonheur suppose une activité excellente exercée selon sa vertu propre : un métier bien fait en est une forme.Aristote, Éthique à Nicomaque
Si seul le travail-activité rend heureux, comment organiser le travail pour que ce ne soit pas le privilège de quelques-uns ?