Renoncer, c'est abandonner volontairement ce à quoi on a droit ou ce qu'on souhaite. Le sujet suppose que le désir soit la cause du malheur. Il faut distinguer renoncer à tout désir, renoncer à certains désirs et transformer son désir.
Le désir est-il l'obstacle qu'il faut supprimer pour atteindre le bonheur, ou la puissance même sans laquelle il n'y aurait rien à appeler bonheur ?
Le plan en trois parties
Le désir apparaît comme la source du malheur
- Le désir est manque et souffrance : on ne désire que ce qu'on n'a pas, et l'avoir met fin au désir sans donner le repos.Platon, Le Banquet
- Le vouloir-vivre est un besoin sans terme : nier la volonté est le seul moyen d'échapper à son supplice.Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation
- Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu le veux : la suppression du désir des choses extérieures est la condition de la tranquillité.Épictète, Manuel
Mais renoncer au désir, ce serait renoncer à vivre
- Le désir est l'essence même de l'homme : le supprimer, c'est supprimer le sujet qu'on prétendait rendre heureux.Spinoza, Éthique, III
- Une sagesse qui demande de ne rien vouloir est une morale d'affaiblissement déguisée en vertu.Nietzsche, Généalogie de la morale
- Tous les plaisirs ne se valent pas : l'insatisfaction du chercheur vaut mieux que la satisfaction de l'ignorant, ce qui interdit de renoncer en bloc.Mill, L'Utilitarisme
Il ne s'agit pas de renoncer mais de discerner et d'orienter
- Classer les désirs en naturels nécessaires, naturels non nécessaires et vains : c'est un tri, non un renoncement.Épicure, Lettre à Ménécée
- Les désirs qui naissent de la raison engendrent des joies actives : il faut convertir le désir, non l'éteindre.Spinoza, Éthique, IV
- La vertu est un juste milieu entre l'excès et le défaut : le tempérant ne s'interdit pas le plaisir, il le mesure.Aristote, Éthique à Nicomaque, II
Si le bonheur demande de discerner ses désirs, n'est-ce pas une éducation du désir qu'il faudrait d'abord recevoir ?