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Lycée · Terminale · Le bonheur

L'État doit-il faire le bonheur des citoyens ?

Sujet de dissertation — Le bonheur, Terminale

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Analyse des termes

« Faire le bonheur » implique que l'État détermine le contenu du bonheur et l'impose. Le sujet oppose l'État libéral, qui garantit des droits, à l'État providence ou paternel, qui prend en charge le bien-être.

Problématique

Le bonheur des citoyens est-il une fin légitime de l'action politique, ou l'État en outrepasse-t-il la compétence dès qu'il s'en mêle ?

Le plan en trois parties

I

Il semble que l'État doive assurer le bonheur de ceux qu'il gouverne

  1. Le législateur doit mesurer ses lois au plus grand bonheur du plus grand nombre : c'est le seul critère public d'évaluation.Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
  2. La cité n'existe pas seulement pour vivre mais pour bien vivre : la fin de la politique est la vie bonne.Aristote, Politique, I
  3. Sans biens premiers garantis — libertés, revenus, bases du respect de soi — aucun projet de vie n'est réalisable.Rawls, Théorie de la justice
TransitionConfier le bonheur à l'État suppose que l'on sache en quoi il consiste. Dès qu'on l'ignore, l'État qui prétend le procurer impose en réalité une conception particulière du bien.
II

Mais un État qui prétend faire le bonheur devient despotique

  1. Un gouvernement paternel, qui traite les sujets comme des enfants incapables de savoir ce qui leur convient, est le plus grand despotisme concevable.Kant, Théorie et pratique
  2. Le bonheur étant indéterminé, l'imposer revient à imposer la conception d'un groupe à tous les autres.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
  3. Un pouvoir tutélaire peut rendre les hommes doux et contents en les dispensant de penser : le despotisme démocratique naît du confort.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
TransitionL'État neutre risque cependant d'abandonner les plus démunis à une liberté sans moyens. Il faut donc distinguer définir le bonheur et en garantir les conditions.
III

L'État doit rendre le bonheur possible sans le définir

  1. La fin de l'État est la liberté : garantir la sécurité et la libre pensée, c'est donner à chacun les moyens de son propre bonheur.Spinoza, Traité théologico-politique
  2. La participation aux affaires communes est elle-même une félicité publique, que l'État peut ouvrir sans la prescrire.Arendt, Essai sur la révolution
  3. Le rôle du législateur est de rendre les citoyens capables de vertu par l'éducation et les habitudes : il forme, il n'impose pas un contenu de vie.Aristote, Éthique à Nicomaque, X
Ouverture

Si l'État garantit seulement les conditions du bonheur, jusqu'où peut-il aller sans imposer une idée du bien ?

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