Définir, c'est énoncer ce qu'un être est essentiellement ; ma culture désigne la langue, les mœurs et les valeurs reçues. Le sujet oppose l'évidence de cet héritage à la conscience de pouvoir s'en écarter.
Mon appartenance culturelle constitue-t-elle mon identité, ou seulement la situation à partir de laquelle je me construis ?
Le plan en trois parties
Ma culture me constitue
- La langue, les règles de parenté et les catégories de pensée me précèdent et organisent mon expérience.Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté
- L'habitude devient une seconde nature : ce que je crois être mon fond est ce que j'ai reçu.Pascal, Pensées
- Les rôles sociaux façonnent jusqu'à la manière dont j'habite mon corps.Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe
Je ne m'y réduis pas
- L'existence précède l'essence : je ne suis jamais achevé par ce que j'ai reçu.Sartre, L'existentialisme est un humanisme
- La perfectibilité fait de moi un être qui se transforme, et donc qui peut s'écarter de son origine.Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
- Penser par soi-même, c'est prendre distance avec les opinions reçues : la culture fournit les outils de sa propre critique.Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?
Ma culture est moins une définition qu'un point de départ
- Le barbare est d'abord celui qui croit à la barbarie : prendre sa culture pour la mesure de l'humain est l'erreur à éviter.Lévi-Strauss, Race et histoire
- La rencontre d'autres usages révèle la contingence des nôtres et ouvre un jugement.Montaigne, Essais I, 31
- Ce que la culture me donne, je l'habite comme un corps : ni prison ni vêtement, mais condition d'un style propre.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Peut-on critiquer une culture qui n'est pas la sienne sans la juger depuis la sienne ?