Un bien est soit une propriété dont on dispose, soit ce qui a de la valeur pour nous. Le sujet joue sur ces deux sens : posséder la nature et la tenir pour précieuse ne mènent pas aux mêmes conduites.
Peut-on fonder un devoir de protéger la nature sur le fait qu'elle nous appartient, ou faut-il au contraire cesser de la traiter comme une propriété ?
Le plan en trois parties
La nature est notre bien au sens de notre propriété
- Le travail arrache une chose au fonds commun et y attache un droit : c'est en la cultivant que la terre devient mienne.Locke, Second Traité du gouvernement civil
- La science doit nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature, au bénéfice de la santé et du confort humains.Descartes, Discours de la méthode VI
- Le travail est l'échange entre l'homme et la nature dont sort toute richesse.Marx, Le Capital I
Traiter la nature comme un bien nous conduit à la détruire
- Réduite à un stock disponible, la nature cesse d'apparaître comme un monde et n'est plus qu'un réservoir à sommer.Heidegger, La question de la technique
- La nature n'a pas été faite pour nous : lui assigner un usage est une illusion finaliste.Spinoza, Éthique I, appendice
- Le contrat social nous a liés entre nous en oubliant le partenaire dont nous vivons ; il faut lui accorder un statut.Michel Serres, Le Contrat naturel
La nature est notre bien au sens d'un bien commun dont nous répondons
- Une action est juste lorsqu'elle préserve l'intégrité et la stabilité de la communauté à laquelle nous appartenons.Aldo Leopold, Almanach d'un comté des sables
- La responsabilité porte sur ce qui est vulnérable et confié : elle vise la permanence d'une vie humaine authentique.Hans Jonas, Le Principe responsabilité
- Un monde commun n'est un monde que s'il dure au-delà de ceux qui en usent.Arendt, Condition de l'homme moderne
Ce qui n'appartient à personne peut-il être défendu autrement que par le droit ?