L'hostilité suppose une volonté de nuire, ou au moins une force adverse. Le sujet confronte l'expérience de la catastrophe et de la maladie à l'idée d'une nature indifférente, ni amie ni ennemie.
Faut-il se défendre contre la nature comme contre un adversaire, ou apprendre à composer avec une puissance qui ne nous vise pas ?
Le plan en trois parties
La nature se présente d'abord comme une menace
- Dépourvu d'armes et de fourrure, l'homme survit par la technique : le feu est d'abord une défense.Platon, Protagoras
- La rareté et l'insécurité rendent la vie brève et incertaine tant qu'aucune puissance commune ne protège.Hobbes, Léviathan
- La culture nous protège de la nature autant que de nous-mêmes : elle est une réponse à une triple détresse.Freud, Malaise dans la culture
Mais l'hostilité suppose une intention que la nature n'a pas
- Ni providence ni malveillance : la nature n'obéit qu'à des causes, et nos craintes viennent de notre ignorance.Lucrèce, De la nature des choses
- Attribuer à la nature des desseins favorables ou hostiles, c'est renverser l'ordre des causes et des fins.Spinoza, Éthique I, appendice
- L'homme à l'état de nature n'est ni en guerre ni menacé sans cesse : c'est la société qui multiplie les périls.Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
L'hostilité est un rapport que nous instituons et que nous pouvons défaire
- On ne triomphe de la nature qu'en lui obéissant : la connaissance transforme l'adversité en condition.Bacon, Novum Organum
- Traiter la nature en ennemie à vaincre, c'est la constituer en objet à arraisonner, et rendre le conflit permanent.Heidegger, La question de la technique
- La guerre contre la nature se retourne contre nous : il faut lui substituer un pacte.Michel Serres, Le Contrat naturel
Les catastrophes dites naturelles le sont-elles encore, quand nos aménagements en aggravent les effets ?