L'art désigne d'abord le savoir-faire, puis l'œuvre qui vise le beau ; la nature, ce qui se produit sans nous. Le sujet demande si ce couple est une opposition réelle ou une commodité de langage.
L'art s'oppose-t-il à la nature comme l'artificiel au donné, ou en accomplit-il autrement les puissances ?
Le plan en trois parties
L'art s'oppose à la nature comme l'œuvre de l'homme au donné
- Ce qui est par art a son principe dans l'artisan, non en soi : la distinction est celle de deux origines.Aristote, Physique II
- Le beau artistique est supérieur au beau naturel parce qu'il est né de l'esprit.Hegel, Esthétique, introduction
- L'œuvre appartient au monde durable des objets, non au cycle biologique de la vie.Arendt, Condition de l'homme moderne
L'art prolonge la nature plus qu'il ne la contredit
- L'art imite la nature : il achève ce qu'elle laisse inachevé, selon les mêmes fins.Aristote, Physique II
- On ne commande à la nature qu'en lui obéissant : toute production suppose la connaissance de ses lois.Bacon, Novum Organum
- Le beau naturel nous plaît sans concept et intéresse moralement : la nature est déjà l'objet d'un jugement esthétique.Kant, Critique de la faculté de juger
L'opposition est un partage instable que l'art lui-même déplace
- Chez l'homme, tout est fabriqué et tout est naturel : l'art expose cette indistinction plutôt qu'il ne la tranche.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Le partage nature/art est une ontologie parmi d'autres : d'autres cultures ne l'opèrent pas.Descola, Par-delà nature et culture
- Ce que nous appelons nature est déjà une seconde nature, façonnée par la coutume et l'habitude.Pascal, Pensées
Un jardin, une forêt replantée, un paysage classé : que faisons-nous quand nous produisons de la nature ?