Un devoir envers quelqu'un suppose un être capable de valoir comme fin, et non seulement comme moyen. Le sujet demande si la nature peut occuper cette place, ou si nos obligations la concernent seulement indirectement.
Nos devoirs à l'égard de la nature sont-ils des devoirs envers elle, ou des devoirs envers les hommes qui en dépendent ?
Le plan en trois parties
Nos devoirs ne concernent que des sujets moraux
- Seul un être raisonnable existe comme fin en soi : la nature, elle, relève de l'usage réglé.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- La justice est une institution conventionnelle entre des êtres capables de contracter.Hume, Traité de la nature humaine
- Nul droit ne peut être réclamé par ce qui n'a ni parole ni représentant.Hobbes, Léviathan
Mais ce cercle est devenu intenable
- Le pouvoir technique modifie la nature de l'agir humain et appelle une éthique nouvelle, tournée vers le vulnérable.Hans Jonas, Le Principe responsabilité
- Il faut passer du contrat exclusivement social à un contrat naturel, où le monde cesse d'être un simple objet.Michel Serres, Le Contrat naturel
- La communauté morale doit inclure la terre elle-même, dont nous ne sommes qu'un membre.Aldo Leopold, Almanach d'un comté des sables
Des devoirs envers la nature qui sont aussi des devoirs envers nous-mêmes
- Maltraiter le vivant émousse en nous la disposition à la moralité : le rapport à la nature forme le caractère.Kant, Critique de la faculté de juger
- Préserver un monde durable est la condition pour que des hommes puissent continuer d'habiter ensemble.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Comprendre que nous faisons partie du même ordre supprime l'illusion d'une extériorité souveraine.Spinoza, Éthique III, préface
Faut-il donner à la nature des droits, ou suffit-il de nous donner des obligations ?