Le travail est d'abord une nécessité subie, liée au besoin et à la peine ; il est aussi le moyen par lequel l'homme transforme le monde et se forme lui-même. Le sujet demande lequel de ces deux aspects l'emporte.
Le travail est-il la marque de notre dépendance à la nécessité, ou l'activité par laquelle nous conquérons une maîtrise et une reconnaissance ?
Le plan en trois parties
Le travail est d'abord contrainte
- Il est imposé par le besoin et occupe le temps qu'il faudrait à l'action libre.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Le travail salarié peut déposséder l'ouvrier de son produit et de son activité.Marx, Manuscrits de 1844
- Le geste parcellisé sépare la pensée de l'exécution et abîme celui qui l'accomplit.Weil, La Condition ouvrière
Mais il est aussi formation de soi
- En transformant la nature, l'homme se donne des moyens qu'il ne tenait pas d'elle.Descartes, Discours de la méthode, VI
- Le travail développe des capacités réelles qui élargissent l'éventail des vies possibles.Sen, Repenser l'inégalité
- Un travail où la pensée reste présente au geste peut être une école d'attention et d'autonomie.Weil, La Condition ouvrière
Le travail ne libère qu'à certaines conditions
- Il faut que le travailleur comprenne le dispositif qu'il sert, faute de quoi il lui est aliéné.Simondon, Du mode d'existence des objets techniques
- L'organisation du travail doit pouvoir être discutée par ceux qui la subissent.Habermas, L'Espace public
- La liberté par le travail suppose une loi qui protège le travailleur contre le seul rapport de forces.Locke, Second traité du gouvernement civil
Si le travail ne libère qu'organisé autrement, l'automatisation du travail pénible est-elle une promesse d'émancipation ou un déplacement de la dépendance ?