La science établit des lois, c'est-à-dire des nécessités, et semble ainsi réduire le champ de ce qui dépend de nous. Mais l'expression « au service de » suppose une finalité : la science serait un moyen, ce qui pose la question de qui la dirige.
La science, en dévoilant le déterminisme, restreint-elle notre liberté, ou nous donne-t-elle les moyens d'une liberté enfin effective ?
Le plan en trois parties
La science paraît réduire le domaine de la liberté
- En étendant le déterminisme à l'homme, elle rend suspecte l'idée de libre arbitre.Spinoza, Éthique, I, appendice
- La psychologie des profondeurs montre que nos raisons sont souvent des justifications rétrospectives.Freud, Introduction à la psychanalyse
- Le sentiment d'être l'auteur de ses actes pourrait n'être qu'un effet de perspective.Nietzsche, Par-delà bien et mal
Mais elle est l'instrument d'une émancipation réelle
- Connaître les causes permet d'agir sur elles : la maîtrise technique naît du savoir.Descartes, Discours de la méthode, VI
- La science dissipe les croyances qui légitimaient les tutelles : elle sert les Lumières.Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?
- Elle élargit les capabilités réelles, de la médecine à l'instruction.Sen, Repenser l'inégalité
La science ne sert la liberté que si la décision sur ses fins reste politique
- Livrée à sa seule efficacité, la rationalité technique choisit les fins à notre place.Ellul, La Technique ou l'enjeu du siècle
- Les orientations de la recherche relèvent d'une délibération publique, non des seuls experts.Habermas, L'Espace public
- La liberté suppose des institutions capables de contrôler ce qu'elles financent et autorisent.Popper, La Société ouverte et ses ennemis
Si les choix scientifiques engagent la société entière, comment associer les citoyens à des décisions qui exigent une compétence qu'ils n'ont pas ?