L'énoncé identifie la liberté à l'indépendance absolue, c'est-à-dire à l'absence de tout commandement extérieur. Or obéir à une loi que l'on a voulue n'est pas obéir à quelqu'un : la distinction entre personne et loi est le nerf du sujet.
Être libre, est-ce refuser toute obéissance, ou est-ce obéir à une règle dont on est l'auteur plutôt qu'à une volonté étrangère ?
Le plan en trois parties
La liberté semble exclure toute obéissance
- Obéir, c'est subir la volonté d'un autre : l'indépendance paraît la définition même de la liberté.Hobbes, Léviathan, XXI
- Toute servitude repose sur un consentement que l'on pourrait retirer.La Boétie, Discours de la servitude volontaire
- Refuser est le geste inaugural de la pensée libre.Alain, Propos sur les pouvoirs
Mais l'indépendance n'est pas la liberté
- N'obéir à personne, c'est obéir à ses passions, qui ne sont pas moins des maîtres.Spinoza, Éthique, IV
- Sans loi commune, l'indépendance de chacun ruine la sécurité de tous.Hobbes, Léviathan, XIII
- L'impulsion du seul appétit est esclavage, l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.Rousseau, Du contrat social, I, 8
Être libre, c'est obéir à une loi dont on est l'auteur
- L'autonomie est la propriété de la volonté d'être à elle-même sa loi.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- La liberté politique n'est pas l'absence de lois mais le pouvoir de faire ce qu'elles permettent, dans un État modéré.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
- Agir ensemble sur des règles communes est la forme la plus haute de la liberté.Arendt, Condition de l'homme moderne
Si obéir à la loi que l'on s'est donnée est la liberté même, que reste-t-il de la liberté du citoyen qui a voté contre la loi qu'on lui applique ?