L'énoncé propose la définition spontanée de la liberté : la conformité de l'acte au désir. Il reste à savoir d'où vient ce vouloir, et si l'accomplir suffit à rendre libre.
La liberté se réduit-elle à la satisfaction du vouloir, ou suppose-t-elle en outre que ce vouloir soit lui-même nôtre ?
Le plan en trois parties
Être libre, c'est pouvoir agir sans obstacle
- Est libre celui que rien n'empêche de faire ce qu'il a la volonté de faire.Hobbes, Léviathan, XXI
- Le droit consacre cette liberté d'agir, limitée par le tort causé à autrui.Mill, De la liberté
- Les moyens réels d'agir comptent autant que l'absence d'interdits.Sen, Repenser l'inégalité
Mais la volonté elle-même peut être asservie
- Nous avons conscience de nos désirs, non des causes qui les produisent.Spinoza, Éthique, I, appendice
- Des motifs inconscients dictent souvent ce que nous prenons pour nos décisions.Freud, Introduction à la psychanalyse
- Le sentiment de vouloir accompagne l'acte sans le produire : c'est une interprétation flatteuse.Nietzsche, Par-delà bien et mal
Être libre, c'est vouloir ce que l'on a soi-même institué
- L'autonomie consiste à se donner sa propre loi et non à suivre son inclination.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- Obéir à la loi qu'on s'est prescrite est liberté, suivre le seul appétit est esclavage.Rousseau, Du contrat social, I, 8
- L'acte libre émane de la personne entière, non d'un désir isolé du moment.Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience
Si la liberté consiste à vouloir ce que l'on a institué, comment la distinguer d'une servitude si bien intériorisée qu'elle se prend pour une loi personnelle ?