Se mettre d'accord suppose un processus : ce n'est pas partager spontanément la même opinion, mais parvenir ensemble à une position commune. Le juste, lui, semble varier selon les sociétés et les intérêts.
La diversité des conceptions du juste rend-elle tout accord illusoire, ou existe-t-il des conditions sous lesquelles des hommes divisés peuvent convenir de ce qui est juste ?
Le plan en trois parties
Tout paraît s'opposer à un accord
- Les lois varient selon les lieux et les temps : la justice semble affaire de coutume.Pascal, Pensées
- Chacun nomme juste ce qui sert son avantage : l'accord n'est qu'un rapport de forces provisoire.Platon, République I (Thrasymaque)
- Les intérêts de classe s'affrontent jusque dans la définition du droit.Marx, Manifeste du parti communiste
L'accord est pourtant la condition de toute vie commune
- Le pacte social est l'accord minimal sans lequel il n'y a ni société ni justice.Hobbes, Léviathan
- La volonté générale n'est pas la somme des intérêts mais ce sur quoi ils peuvent converger.Rousseau, Du contrat social
- Les interdits fondamentaux se retrouvent au-delà des frontières culturelles.Arendt, Les Origines du totalitarisme
L'accord passe par une procédure impartiale
- Sous voile d'ignorance, on choisit des règles que l'on pourra accepter quelle que soit sa place.Rawls, Théorie de la justice
- La validité d'une norme tient à l'assentiment que tous pourraient lui donner après argumentation.Habermas, Droit et démocratie
- On peut s'entendre sur les injustices à supprimer sans s'entendre sur la société idéale.Sen, L'Idée de justice
Faut-il un accord sur ce qui est juste, ou suffit-il d'un accord sur la manière d'en discuter ?