La vengeance est une riposte privée, immédiate et sans mesure ; la justice passe par un tiers, une procédure et une peine proportionnée. Le sujet demande si cette distinction est réelle ou si elle habille seulement la vengeance.
La demande de justice est-elle une vengeance civilisée, ou une rupture véritable avec la logique de la riposte ?
Le plan en trois parties
La justice paraît une vengeance transposée
- La justice pénale naît de la dette et du désir de faire souffrir le débiteur.Nietzsche, Généalogie de la morale
- Le supplice public exhibait la puissance offensée plus qu'il ne réparait.Foucault, Surveiller et punir
- La loi du talion, qui inaugure le droit pénal, est encore une mesure de la riposte.Ricœur, Le Juste
Mais la justice rompt avec la vengeance par le tiers
- La victime cesse d'être juge : l'institution interpose une parole entre l'offense et la réponse.Ricœur, Le Juste
- Nul ne peut être juge de sa propre cause sans rouvrir le conflit.Locke, Second Traité du gouvernement civil
- La peine juste est proportionnée et publique, non illimitée comme la rancune.Beccaria, Des délits et des peines
La justice reconnaît ce que la vengeance visait, mais autrement
- Punir, c'est traiter le coupable comme une personne responsable et non comme un nuisible à neutraliser.Kant, Doctrine du droit
- La sanction répare l'atteinte au droit avant de satisfaire un sentiment.Hegel, Principes de la philosophie du droit
- Ce que la victime demande fondamentalement, c'est d'être reconnue comme sujet de droit.Arendt, Les Origines du totalitarisme
Les justices dites restauratives, qui font dialoguer victime et coupable, prolongent-elles cette rupture ou la remettent-elles en cause ?