« Accepter » se distingue de « subir » : c'est y consentir, s'y résigner en connaissance de cause. Le sujet joue sur l'ambiguïté entre la possibilité psychologique de la résignation et sa légitimité morale.
Le consentement à l'injustice est-il jamais légitime, ou bien accepter l'injustice revient-il à la faire sienne ?
Le plan en trois parties
On l'accepte, et souvent sans s'en apercevoir
- L'habitude fait passer la coutume pour la nature : l'injustice devient invisible.Pascal, Pensées
- Les dominés consentent parfois à leur domination, faute d'en concevoir une autre.La Boétie, Discours de la servitude volontaire
- Le droit d'une classe se présente comme universel et se fait accepter comme tel.Marx, Manifeste du parti communiste
On ne le doit pas : accepter, c'est prêter la main
- Obéir sans réserve à une loi injuste, c'est en devenir l'instrument.Thoreau, La Désobéissance civile
- L'absence de jugement transforme l'obéissance ordinaire en participation au crime.Arendt, Eichmann à Jérusalem
- Une loi extrêmement injuste ne lie pas la conscience.Thomas d'Aquin, Somme théologique
Ne pas accepter ne signifie pas tout renverser
- La contestation peut se faire dans le cadre du droit, en usant des procédures de révision.Habermas, Droit et démocratie
- La désobéissance civile refuse l'injustice tout en reconnaissant la légitimité générale du système.Rawls, Théorie de la justice
- Identifier les injustices réparables vaut mieux que d'attendre la société parfaite pour agir.Sen, L'Idée de justice
Refuser une injustice dont on profite exige-t-il davantage que de refuser celle que l'on subit ?