« À tout prix » suppose que la justice puisse coûter d'autres biens : la paix, la liberté, la vie même. Le sujet interroge donc le rang de la justice parmi les valeurs et la légitimité des moyens employés pour l'atteindre.
La justice est-elle une fin inconditionnelle qui justifie tous les sacrifices, ou la poursuite absolue du juste devient-elle elle-même une injustice ?
Le plan en trois parties
Oui : la justice ne se marchande pas
- La justice est la première vertu des institutions sociales : rien ne peut la compenser.Rawls, Théorie de la justice
- Que la justice soit faite, même si le monde devait en périr : l'exigence est inconditionnelle.Kant, Doctrine du droit
- Céder sur l'injustice par confort, c'est accepter d'être gouverné par la peur.Thoreau, La Désobéissance civile
Non : la poursuite absolue du juste peut devenir tyrannique
- La pureté révolutionnaire a justifié la terreur au nom du droit : l'absolu politique tue.Arendt, Essai sur la révolution
- Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre qui prétend le purifier.Hobbes, Léviathan
- Le ressentiment se déguise volontiers en exigence de justice et cherche moins à réparer qu'à faire souffrir.Nietzsche, Généalogie de la morale
Rechercher la justice inconditionnellement, mais par des moyens justes
- La fin ne justifie pas les moyens : le droit prescrit aussi la forme de sa propre réalisation.Kant, Doctrine du droit
- Les procédures de discussion garantissent que la justice poursuivie reste celle de tous.Habermas, Droit et démocratie
- Le juste vise l'institution d'une paix durable, non la satisfaction d'une revendication.Ricœur, Le Juste
Une justice qui se refuse certains moyens renonce-t-elle à une part de son efficacité, ou est-ce à ce refus qu'on la reconnaît ?