Le doute méthodique suspend l'assentiment pour chercher un point fixe ; le « moi » désigne ici tantôt l'existence du sujet, tantôt sa nature. Le sujet demande si l'exception cartésienne résiste à l'examen.
L'existence du sujet pensant est-elle le point que nul doute ne peut atteindre, ou le moi est-il précisément ce dont il faudrait le plus douter ?
Le plan en trois parties
Le moi est le seul point que le doute ne peut emporter
- Alors même que je doute, il faut que je sois pour douter : je suis, j'existe est nécessairement vrai.Descartes, Méditations métaphysiques
- L'analyse de la cire montre que c'est l'entendement, non les sens, qui connaît, et qu'il se connaît en connaissant.Descartes, Méditations métaphysiques
- L'unité du Je est la condition de toute pensée, y compris du doute lui-même.Kant, Critique de la raison pure
Mais l'existence d'une pensée n'est pas l'existence d'un moi
- On peut accorder qu'il y a de la pensée sans accorder qu'un moi substantiel la porte.Nietzsche, Par-delà bien et mal
- L'expérience ne livre qu'un flux de perceptions : le moi n'y est jamais rencontré.Hume, Traité de la nature humaine
- Le sujet qui se croit transparent est traversé de forces qu'il ne perçoit pas : il peut donc se tromper sur lui-même.Freud, Le Moi et le Ça
La certitude du moi porte sur l'acte, non sur la chose
- La conscience n'est pas un être mais un rapport : elle est ce qui a à être ce qu'elle est.Sartre, L'Être et le Néant
- Je m'éprouve comme situé et engagé dans le monde avant de me poser comme substance.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Le soi n'est pas un donné mais une tâche : il se soutient d'un récit et d'une promesse.Ricœur, Soi-même comme un autre
Si je ne suis certain que d'un acte et non d'une chose, ma propre existence est-elle un fait ou une exigence à honorer ?