L'identité personnelle est ce qui fait qu'un individu demeure le même à travers le temps ; la mémoire est le pouvoir de relier le présent au passé. Le sujet demande si ce lien suffit à constituer une personne.
Suis-je le même parce que je me souviens, ou la continuité de mon identité repose-t-elle sur autre chose que le souvenir ?
Le plan en trois parties
La mémoire paraît constituer l'identité personnelle
- La personne s'étend aussi loin que la conscience peut se rappeler ses actions passées.Locke, Essai sur l'entendement humain
- Conscience signifie d'abord mémoire : sans conservation du passé, il n'y aurait qu'un instant sans sujet.Bergson, L'Énergie spirituelle
- La durée intérieure fait de ma vie une continuité indivisible où le passé se prolonge dans le présent.Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience
Mais la mémoire est lacunaire et reconstruit autant qu'elle conserve
- Le souvenir est un assemblage de perceptions liées par l'habitude : il n'atteste aucune substance.Hume, Traité de la nature humaine
- Les souvenirs les plus décisifs sont précisément ceux que le refoulement retire à la mémoire.Freud, Introduction à la psychanalyse
- Je ne suis pas l'être stable que le souvenir voudrait fixer : je suis un passage.Montaigne, Essais
L'identité se tient par la promesse autant que par le souvenir
- L'homme est l'animal qui peut promettre : la fidélité à la parole donnée tient l'identité vers l'avant.Nietzsche, Généalogie de la morale
- L'identité narrative articule le souvenir et le projet : se raconter, c'est relier ce qu'on fut à ce qu'on veut être.Ricœur, Soi-même comme un autre
- L'unité du sujet est portée par l'acte de se rapporter à soi, non par la seule collection des souvenirs.Kant, Critique de la raison pure
Si l'on demeure soi par la promesse, l'oubli est-il l'ennemi de l'identité ou la condition pour continuer à vivre ?