Le corps a longtemps été pensé comme ce qui trouble la pensée par ses passions et ses illusions. Le sujet demande si le corps éloigne la conscience d'elle-même ou s'il est la condition par laquelle elle se découvre.
Le corps est-il l'obstacle qu'il faut écarter pour se saisir soi-même, ou le lieu même où un sujet s'éprouve comme existant ?
Le plan en trois parties
Le corps paraît brouiller l'accès à soi
- L'âme se connaît plus aisément que le corps : c'est en écartant les sens que la pensée s'atteint.Descartes, Méditations métaphysiques
- Les passions du corps enchaînent l'esprit et l'empêchent de juger.Platon, Phédon
- Le divertissement corporel détourne l'homme de la pensée de sa condition.Pascal, Pensées
Mais je ne me saisis jamais hors de mon corps
- Je ne suis pas dans mon corps comme un pilote en son navire : je le suis.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Le sentiment de soi s'enracine dans des états corporels : la conscience émerge de la vie du corps.Damasio, Le Sentiment même de soi
- L'esprit est l'idée du corps : nous ne nous connaissons qu'à travers les affections corporelles.Spinoza, Éthique
Le corps est moins un obstacle qu'une école de la conscience
- L'enfant se reconnaît dans l'image de son corps : l'unité du moi se forme par le dehors.Lacan, Écrits
- L'habitude corporelle incorpore un savoir que la réflexion ne produit pas : je sais ce que je peux.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- Se savoir corporel, c'est se savoir mortel et vulnérable, donc responsable.Levinas, Totalité et infini
Si le corps instruit la conscience, l'épreuve de la maladie ou de la fatigue est-elle une diminution de soi ou une révélation ?