La conscience introduit une distance : elle se représente le monde au lieu de s'y fondre. Le sujet demande si cette distance est une séparation, c'est-à-dire une perte, ou le mode propre de notre présence aux choses.
La distance que la conscience introduit nous coupe-t-elle du réel, ou est-elle la condition même d'un rapport au monde ?
Le plan en trois parties
La conscience met le monde à distance
- Ce que je connais du monde, ce sont mes représentations : le réel m'est toujours donné médiatement.Descartes, Méditations métaphysiques
- Nous ne connaissons les choses que telles qu'elles nous apparaissent, jamais telles qu'elles sont en elles-mêmes.Kant, Critique de la raison pure
- La conscience est néantisation : elle se retire de l'être pour pouvoir le viser.Sartre, L'Être et le Néant
Mais cette distance est un rapport, non une coupure
- Toute conscience est conscience de quelque chose : elle est tout entière tournée vers le monde.Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie
- Je suis au monde par mon corps avant d'en avoir une représentation : la perception est un habiter.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- La conscience naît pour l'action : elle éclaire ce que le vivant peut faire du monde.Bergson, Matière et mémoire
La séparation ne menace que si la conscience se prend pour un spectateur
- Se croire pur observateur, c'est se fuir : la conscience est engagée dans une situation qu'elle transforme.Sartre, L'existentialisme est un humanisme
- L'homme se retrouve dans les œuvres par lesquelles il transforme le monde.Hegel, Esthétique
- L'autre me rappelle que le monde n'est pas mon spectacle mais un lieu partagé.Levinas, Totalité et infini
Si la conscience n'est séparée que lorsqu'elle se fait spectatrice, l'action est-elle le meilleur remède au sentiment d'étrangeté ?