Inné se dit de ce qui appartient à la nature d'un être indépendamment de toute expérience ; la conscience morale est cette instance qui approuve ou condamne nos actes. Le sujet oppose une morale naturelle à une morale acquise par éducation et pression sociale.
Le sentiment du bien et du mal est-il une donnée de notre nature, ou le produit d'une histoire individuelle et collective ?
Le plan en trois parties
Tout semble indiquer une voix naturelle du bien
- La conscience parle en tout homme, même sans instruction : elle est un principe inné de justice.Rousseau, Émile
- La loi morale est en nous comme un fait de la raison : nul n'a besoin qu'on la lui enseigne pour la reconnaître.Kant, Critique de la raison pratique
- La pitié, antérieure à toute réflexion, freine spontanément la violence.Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
Mais l'histoire montre la fabrication de cette voix
- Le surmoi est l'héritier des interdits parentaux : sa sévérité vient du dehors.Freud, Le Moi et le Ça
- La mauvaise conscience est le résultat d'un long dressage qui a intériorisé la cruauté.Nietzsche, Généalogie de la morale
- Les valeurs jugées naturelles sont celles d'une société donnée : la morale a une histoire sociale.Marx, L'Idéologie allemande
L'exigence morale est universelle, ses contenus sont appris
- L'aptitude à universaliser une maxime est une structure de la raison, même si les maximes viennent de l'éducation.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- L'obligation naît de la rencontre d'autrui avant toute règle apprise.Levinas, Totalité et infini
- Le sujet moral se constitue en s'appropriant des normes reçues : ni pur héritage, ni pure nature.Ricœur, Soi-même comme un autre
Si la forme de l'obligation est universelle et ses contenus historiques, la critique morale est-elle jamais définitive ?